7.3.18

L’ICÔNE DU BON PASTEUR





Elle n’est pas liée à une fête particulière; il s’agit d’une icône thématique - comme par exemple celle du Christ « Pantocrator », qui renvoie à plusieurs passages du Nouveau Testament.
Le Christ porte une tunique rouge foncé, signe de sa divinité. Le vêtement vert foncé symbolise son humanité. Les natures divine et humaine du Christ sont ainsi clairement signifiées. Ses mains portent les traces des clous. Bon Berger, il s’est mis à la recherche de la brebis qui s’est égarée, l’humanité, commenteront les Pères. De cette quête pour la retrouver demeurent ineffaçables les stigmates d’une rude lutte. L’Amour divin se donne de toujours à toujours, au prix de la vie du Fils unique.
L’auréole du Christ porte l’inscription habituelle en grec: O wN, participe présent du verbe être: L’ÉTANT, Celui qui est. C’est sous ce nom que Dieu s’est révélé à Moïse dans le Buisson Ardent (Ex 3,14). Dans le Christ Sauveur se cache la plénitude de Celui qui est, le Sauveur, Celui qui arrache la brebis égarée à « ce qui n’est pas »: l’égarement, le mauvais berger.
De chaque côté de l’auréole se trouve l'identité du Pasteur dans deux christogrammes: IC et XC.
Cette icône qui nous regarde nous rend présent le Christ dans sa mission de Sauveur et de Pasteur de nos âmes à travers sa vie, sa mort et sa résurrection.
Dans la liturgie orthodoxe, l'Evêque porte sur les épaules l'omophore, longue et large bande d'étoffe ornée de quatre croix, symbolisant la brebis (communauté). Habituellement, elle est faite de laine tissée. Les pasteurs de nos communautés sont appelés à manifester la compassion du berger à l'égard de ses brebis, surtout des plus "perdues". Le sérieux dans le regard du Christ montre sa détermination à chercher et à trouver toute brebis égarée. Avec tendresse, il la met sur ses épaules, ne faisant plus qu'un avec elle. La croix et la trace des clous sur ses mains disent le prix de cette quête. Traversant les refus de l'humanité et la mort elle-même, il va à la recherche de celle qui manque à son Amour sans crainte de se blesser lui-même, jusqu'à l'extrême de la mort, jusqu'à l'abaissement (la kénose) du Verbe (Ph 2, 1-11).
La Paix et la Joie qui se dégagent de la contemplation du Christ Bon Pasteur sont déjà celles de l'univers réconcilié et restauré dans son intégrité: victoire de l'Amour qui fait toutes choses nouvelles (Ap 25,5). Et le Père vit que cela était bon, très bon (Gn 1, 31).
" Le Christ Notre Dieu (...) a voulu virginalement s'incarner de Toi afin de restaurer sa propre image corrompue par le péché et de prendre sur ses épaues la brebis perdue retrouvée sur la montagne pour la ramener vers le Père et, selon sa volonté, la réunir aux puissances des cieux..." 
Répondons à l'Amour du Beau Pasteur en laissant monter en nous le psaume du Bon Berger (Ps 22-23). Il nous accompagne jusque dans l'ombre de la mort (v.4), lui, l'Agneau et le Berger véritables. Tous les jours de ma vie (v.6).
A Lui, notre action de grâce, aujourd'hui et toujours !

Valère De Pryck et Soeur Myriam, clarisse
orthodoxie.com


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