19.9.18

COMMENT PRIER AVEC LES ICÔNES



N.D. de Kazan, by Andrey Volonikhin, XVI ° s.


Tout d’abord, trouvez une icône représentant Jésus-Christ, la Vierge Marie ou un saint. Si vous le pouvez, allumez aussi une bougie et faites brûler de l’encens. Cela pourra créer une atmosphère de prière. Ensuite, contemplez tout simplement l’icône.  De nombreux auteurs chrétiens expliquent que prier avec des icônes est une expérience réceptive, où nous contemplons le Paradis et permettons à Dieu de toucher notre cœur.

Il est important de regarder simplement l’icône et de faire attention aux différents détails et couleurs. Une icône est souvent appelée « théologie des couleurs » et peut nous apprendre beaucoup sur la foi chrétienne. Dans une icône, tout est symbolique et indique une vérité spirituelle sur Dieu. Si le sujet de l’icône est un saint, il y a souvent différents symboles qui recréent son « portrait spirituel » et remémorent des qualités et des événements qui ont contribué à la sainteté de la personne.

Le fond en or rappelle la présence du Seigneur et sa lumière incréée. C’est un appel à entrer davantage en sa présence et à se recueillir dans une dimension spirituelle de beauté. Lorsque nous prions avec des icônes, écouter est important car nous pouvons ainsi entendre ce que Dieu veut nous dire par Sa Parole. Cela renforce cette réalité : la prière est essentiellement une conversation avec le Seigneur, qui approfondit notre amour pour Lui.

Quand vous regardez l’icône, restez en silence et ne bougez pas. Où se pose votre regard ? Quelle effet la couleur a-t-elle sur vous ? Quels sentiments l’icône suscite-t-elle dans votre cœur ? Remarquez les yeux de l’individu représenté dans l’icône. Souvent, ils nous regardent aussi. Laissez les yeux de Jésus Christ, de la Vierge Marie ou du saint pénétrer votre âme. Que cherchent-ils à vous dire ?
Prenez tout le temps qu’il vous faut devant l’icône. Au début, essayez d’y passer dix ou quinze minutes. Ce genre de prière nécessite un cœur contemplatif, qui prend son temps et fait une pause dans le rythme pressant de notre société contemporaine.
À la fin, remerciez le Seigneur d’avoir eu l’opportunité de rester en sa présence et replacez l’icône dans un endroit approprié. Prier avec les icônes peut se révéler être une merveilleuse expérience spirituelle qui peut être répétée jour après jour.

Philip Kosloski, auteur de bandes dessinées et de livres de spiritualité 
Extrait de „ Comment prier une icône? „ 18/09/2018

aleteia.org

7.3.18

L’ICÔNE DU BON PASTEUR





Elle n’est pas liée à une fête particulière; il s’agit d’une icône thématique - comme par exemple celle du Christ « Pantocrator », qui renvoie à plusieurs passages du Nouveau Testament.
Le Christ porte une tunique rouge foncé, signe de sa divinité. Le vêtement vert foncé symbolise son humanité. Les natures divine et humaine du Christ sont ainsi clairement signifiées. Ses mains portent les traces des clous. Bon Berger, il s’est mis à la recherche de la brebis qui s’est égarée, l’humanité, commenteront les Pères. De cette quête pour la retrouver demeurent ineffaçables les stigmates d’une rude lutte. L’Amour divin se donne de toujours à toujours, au prix de la vie du Fils unique.
L’auréole du Christ porte l’inscription habituelle en grec: O wN, participe présent du verbe être: L’ÉTANT, Celui qui est. C’est sous ce nom que Dieu s’est révélé à Moïse dans le Buisson Ardent (Ex 3,14). Dans le Christ Sauveur se cache la plénitude de Celui qui est, le Sauveur, Celui qui arrache la brebis égarée à « ce qui n’est pas »: l’égarement, le mauvais berger.
De chaque côté de l’auréole se trouve l'identité du Pasteur dans deux christogrammes: IC et XC.
Cette icône qui nous regarde nous rend présent le Christ dans sa mission de Sauveur et de Pasteur de nos âmes à travers sa vie, sa mort et sa résurrection.
Dans la liturgie orthodoxe, l'Evêque porte sur les épaules l'omophore, longue et large bande d'étoffe ornée de quatre croix, symbolisant la brebis (communauté). Habituellement, elle est faite de laine tissée. Les pasteurs de nos communautés sont appelés à manifester la compassion du berger à l'égard de ses brebis, surtout des plus "perdues". Le sérieux dans le regard du Christ montre sa détermination à chercher et à trouver toute brebis égarée. Avec tendresse, il la met sur ses épaules, ne faisant plus qu'un avec elle. La croix et la trace des clous sur ses mains disent le prix de cette quête. Traversant les refus de l'humanité et la mort elle-même, il va à la recherche de celle qui manque à son Amour sans crainte de se blesser lui-même, jusqu'à l'extrême de la mort, jusqu'à l'abaissement (la kénose) du Verbe (Ph 2, 1-11).
La Paix et la Joie qui se dégagent de la contemplation du Christ Bon Pasteur sont déjà celles de l'univers réconcilié et restauré dans son intégrité: victoire de l'Amour qui fait toutes choses nouvelles (Ap 25,5). Et le Père vit que cela était bon, très bon (Gn 1, 31).
" Le Christ Notre Dieu (...) a voulu virginalement s'incarner de Toi afin de restaurer sa propre image corrompue par le péché et de prendre sur ses épaues la brebis perdue retrouvée sur la montagne pour la ramener vers le Père et, selon sa volonté, la réunir aux puissances des cieux..." 
Répondons à l'Amour du Beau Pasteur en laissant monter en nous le psaume du Bon Berger (Ps 22-23). Il nous accompagne jusque dans l'ombre de la mort (v.4), lui, l'Agneau et le Berger véritables. Tous les jours de ma vie (v.6).
A Lui, notre action de grâce, aujourd'hui et toujours !

Valère De Pryck et Soeur Myriam, clarisse
orthodoxie.com


29.1.18

11.12.17

VIERGE DE L’ATTENTE



 D’après l’icône ND de la Sagesse de Dieu XIIe siècle—Cathédrale Ste Sophie Novgorod 
by Andréa Lestoquoi - © atelier Ste Véronique


« Sainte Marie, Vierge de l'attente, donne-nous une âme de veilleur »    
Sainte Marie, Vierge de l’attente, donne-nous de Ton huile, parce que nos lampes s’éteignent. Vois, nos réserves se sont consumées. Ne nous envoie pas chez d’autres marchands. Allume à nouveau dans nos âmes les anciennes ardeurs qui nous brûlaient de l’intérieur, quand il suffisait d’un rien pour nous faire tressaillir de joie : l’arrivée d’un ami lointain, le rouge du soir après l’orage, le crépitement de la bûche qui en hiver surveillait les retours à la maison, le son des cloches carillonnant les jours de fête, l’arrivée des hirondelles au printemps, l’arrondi tendre et mystérieux du ventre maternel, le parfum de lavande qui faisait irruption quand on préparait un berceau. Si aujourd’hui nous ne savons plus attendre, c’est parce que nous sommes à court d’es-pérance. Ses sources se sont asséchées. Nous souffrons d’une crise profonde du désir. Et, désormais satisfaits des mille succédanés qui nous assaillent, nous risquons de ne plus rien attendre, pas même ces Promesses surnaturelles qui ont été signées avec le Sang du Dieu de l’Alliance. Sainte Marie, Femme de l’attente, soulage la douleur des mères souffrant pour leurs fils qui, sortis un jour de la maison, n’y sont jamais revenus, tués dans un accident ou séduits par les appels de la jungle ; dispersés par la fureur de la guerre ou aspirés par le tourbillon des passions; engloutis par la fureur de l’océan ou bouleversés par les tempêtes de la vie. Sainte Marie, Vierge de l'attente, donne-nous une âme de veilleur. Arrivés au seuil du troisième millénaire, nous nous sentons malheureusement plutôt fils du crépuscule que prophètes de l'Avent. Sentinelle du ma-tin, réveille dans nos cœurs la passion de fraîches nouvelles à porter à un monde qui se sent déjà vieux. Apporte-nous enfin la harpe et la cithare, afin qu'avec Toi, matinale, nous puissions ré-veiller l'aurore. Face aux changements qui secouent l'histoire, donne-nous de sentir sur notre peau les frissons des commencements. Fais-nous comprendre qu'il ne suffit pas d'accueillir, il faut attendre. Accueillir est parfois un signe de résignation. Attendre est toujours un signe d'espérance. Rends-nous pour cela ministres de l'attente. Quand le Seigneur viendra, ô Vierge de l'Avent, qu'Il nous surprenne, grâce à Ta complicité maternelle, la lampe à la main. Amen. 

Monseigneur Antonio Bello, mieux connu sous le nom de Don Tonino Bello (1935-1993), Evêque  italien et  président du mouvement « Pax Christi » d'Italie.  


29.11.17

LES VIERGES MIRACULEUSES





Dans l’iconographie, les vierges miraculeuses sont très présentes et nombreuses. Les vierges de Kazan et de Vladimir sont des icônes très répandues. Dans l’hymnographie aussi, la Vierge est citée de multiples fois et de multiples manières. Toutes les prières sont ponctuées par la salutation de saint Paul : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit », et la prière qui suit cette invocation, après « et maintenant et toujours et pour les siècles des siècles, amen », est toujours dévolue à la Vierge. Cela s’appelle « dogmatikon », qui veut dire : « sur le dogme ». Le premier dogme de l’orthodoxie est l’Incarnation et la Résurrection. Cette prière s’appuie sur l’histoire de Marie.
Dans un office, il y a une centaine d’invocations à la Vierge. Selon la fête en question, on chante sa naissance, sa virginité, sa pureté, son oui, son intercession, sa bonté, sa féminité, sa maternité. Tous ces aspects de la vie de Marie sont très riches, et l’imagination poétique permet d’aller dans toutes les directions, selon tous les modèles littéraires. 
L’orthodoxie,est donc imprégnée de féminité. Jusqu’aux coupoles russes et grecques, dont l’architecture tout en rondeur a quelque chose de très maternel et féminin. L’être humain a besoin de la tendresse féminine, maternelle, charnelle. Nous avons une icône magnifique de la Vierge de tendresse qui parle particulièrement à la sensibilité russe, parce qu’elle porte en elle un besoin de pureté.
Dans l’iconostase, l’icône du Christ est à droite et celle de la Vierge à l’enfant à gauche.

Véronique Lossky, professeur émérite à l’Université Paris IV, 
E-Book MARIE
croire.com

27.11.17

FÊTE DE LA VIERGE MARIE



La Vierge du Signe



Novgorod en Russie possédait une icône de la Mère de Dieu sur le modèle byzantin de la Vierge du Signe. Ce modèle représente Marie portant en médaillon, sur le devant, le Christ enfant et bénissant. Son nom évoque le 'signe de la Vierge enceinte' annoncé par le prophète Isaïe.  Le 27 novembre 1150, la ville est assiégée. Son archevêque place l’icône au-dessus des remparts ; la Vierge est frappée d’une flèche, les ténèbres couvrent la ville et les ennemis doivent lever le siège. Ce miracle est commémoré chaque année. Six cent quatre vingt ans plus tard, la Mère de Dieu apparaît à une humble religieuse, sœur Catherine Labouré que nous fêterons demain, 28 novembre et lui fait réaliser une médaille, la Médaille Miraculeuse, en raison des innombrables miracles qui lui sont attribués.

Fête de la Vierge Marie en son icône du signe

aleteia.org 27/11/2017

23.6.17

SENS THÉOLOGIQUE DE L'ICÔNE




Une icône, pour un orthodoxe, c'est beaucoup plus qu'une simple image. L'icône a un sens théologique fort parce qu'elle rappelle que Dieu s'est fait chair, matière, c'est pourquoi on peut le représenter.  Et parce qu'elle donne à contempler la réalité sous un autre angle, selon la perspective céleste. Elle est une manifestation de la Présence, une présence qui échappe à notre entendement et qui est pourtant mise à notre portée. L'icône ne se veut pas réaliste; par exemple, les yeux des saints sont très grands, leurs traits hiératiques, leur visage auréolé de lumière... C'est parce qu'ils sont représentés selon leur réalité transfigurée, unie à Dieu.
Les icônes sont aussi une formidable catéchèse, un support visuel concret, facile à utiliser. Chaque posture, chaque couleur de vêtement permet une explication théologique parlante. Et les enfants aiment beaucoup colorier des icônes, les reproduire. C'est une façon pour eux de se familiariser avec ce monde divin qui nous englobe.

Entretien avec Olga Lossky, romancière orthodoxe,  (extrait)
Prier n° 375 mai 2015

28.9.16

ÉCRIRE UNE ICÔNE VIVANTE



Image graecorthodoxa.hypotheses.org

A l’occasion d’un récent stage d’icône à Béthanie avec Sr Elisabeth, ancienne élève du grand iconographe russe Leonid Ouspensky je me disais que rien ne pouvait remplacer la transmission d’un art ou d’une technique directement du maître à l’élève. La pratique guidée qui s’adapte à la personne et à ses capacités propres est incontournable pour réaliser une icône qui ne soit pas un « monstre » comme nous le dit souvent Sr Elisabeth.
Le plus important est cet apprentissage du regard qui nous fait comprendre la structure interne et véridique de l’image sacrée en nous montrant ce qui est de l’ordre de l’illusion et du subjectif. Essayez de copier à main levée une icône sur un calque et ensuite comparez avec le modèle et vous verrez à quel degré notre vision des choses peut être fausse.
Et ce qui est faux dans notre regard est par voie de conséquence faux dans notre âme. Ecrire une icône, une vraie icône, pas forcément parfaite mais une icône vivante qui révèle l’invisible et l’amour de Dieu pour nous est un véritable exercice d’humilité et de découverte de soi.
Néanmoins il ne faut pas rejeter à priori les aides que nous pouvons trouver dans les livres et surtout sur le Web. Les vidéos en ligne par exemple ne remplacent pas la pratique auprès d’un professeur iconographe mais sont un complément utile pour approfondir visuellement et se remémorer certains enseignements.
Pour une première approche de la peinture d’icône l’iconographe et aussi fresquiste renommé Michael Greschny nous montre dans un extrait d’un DVD la réalisation d’une icône de A à Z ( http://nq.st/greschny )

seraphim-marc-elie.fr
Le Web et la peinture d'icône

16.4.16

LE LIEN SPIRITUEL ET MARIAL






Entre Catholiques et Orthodoxes, le lien est aussi spirituel, et marial. Au sortir du communisme – « une des plus terribles persécutions qu’ait connue le monde chrétien » pour le théologien Olivier Clément –, le réveil religieux de la Russie s’est traduit, après la chute du mur de Berlin, par une floraison d’icônes de la Vierge Marie, dont l’amour profond est une caractéristique de l’âme russe.
Ce que l’on sait moins, c’est que l’actuel patriarche de Moscou a été très influencé par le métropolite Nicodème, dont il fut l’assistant, mort dans les bras du pape Jean Paul Ier après un voyage… à Fatima  !
Il est dès lors probable que le Pape argentin et le Patriarche soient réunis par une même piété mariale, qui comme le disait le théologien suisse Urs von Balthasar « gouverne de façon cachée l’Église, comme la femme dans le foyer domestique ».

Aymeric Pourbaix
Famille Chrétienne - L’éditorial de la semaine | 09/02/2016

*****

Cette barque-là ne sombrera jamais
Marie est comparable à une nouvelle arche parce qu'elle a été façonnée par les mains divines du nouveau Noé (Jésus), dont l’arche, ce vaisseau ou navire, ne peut couler.
(…) Marie, ainsi que nous l'enseigne la sainte Tradition, est comme un navire qui transporte Dieu - un lieu de refuge sur les mers dangereuses du monde. Elle seule, avec sa cargaison divine en son sein, est victorieuse des ténèbres et écrase la tête de Satan, poursuivant son voyage en toute sécurité sur les mers tumultueuses du monde.
Nous avons tout intérêt à nous trouver à l'intérieur de cette arche, c’est-à-dire sous son manteau. Le nouveau Noé vit dans cette arche salutaire, et nous devrions y vivre nous aussi. Si nous ne sommes pas à l’intérieur, nous nous noierons spirituellement. Marie ne pourra jamais être vaincue, ni mourir ou être submergée. Elle est notre refuge dans la tempête.
Pareillement, l'Eglise de Pierre est comparable à une nouvelle arche. (…) Il n'y a qu'une seule nef qui ait été façonnée par Dieu et qui nous donne la plénitude du message de salut pour que nous ne nous noyions pas : l’Église, qui est placée sous la protection de Marie et de Pierre. Cette barque-là ne sombrera jamais.

Father Donald H. Calloway, MIC, 
Dans Under the Mantle, Marian Press, 2013, p. 87

*****

Quand on a rencontré Marie, il y a un changement dans l’être (…). Notre manière de rejoindre, autant que nous le pouvons, sa pureté, c’est notre humilité : quelque chose de simple comme l’enfant, loin des entortillements de l’amour-propre. 
Quand on rencontre véritablement Marie, il y une tendresse, une miséricorde pour les autres qui nous transforment. Et cette miséricorde, cette tendresse, Marie les a pour chacun. Quand on ne sait pas comment faire, il faut se demander comment la Sainte Vierge ferait : alors on fera ce qu’il y a de meilleur, même si ce n’est pas à notre goût. Marie est toujours l’étoile à laquelle on peut se référer. 
(…) Mon propre secret ? Quand « je ne sais plus », je pense « sois Marie » et une petite lumière s’allume chaque fois au plus profond de moi-même. C’est une lumière de vérité, de simplicité et de paix… Si nous voulons mettre Marie en lumière, il faut d’abord s’exposer à sa lumière, prendre le temps de la prier, de la regarder. Regarder Marie et prier, c’est toujours revenir à l’essentiel. 

Mère Marie de Saint-François (1911-2005), religieuse annonciatrice
mariedenazareth.com

28.3.15

LA THEOTOKOS IMMACULÉE






Marie est, comme chez les catholiques, le modèle à suivre et la mère de tous. Mais pour les orthodoxes, c'est la conception du Christ en Marie par l'Esprit Saint qui est immaculée.
Marie est très présente dans la liturgie, la prière, les rites et les symboles orthodoxes, de manière beaucoup plus visible que dans l'Eglise catholique. Elle est vénérée comme la Theotokos, la Mère de Dieu, ainsi reconnue au concile d'Ephèse qui proclama en 431 la double nature du Christ, vrai homme et vrai Dieu.
Vierge avant, pendant et après la conception de Jésus, elle est la nouvelle Ève, la Toute sainte, la Toute pure. Première dans la foi, elle est aussi l'exemple de parfaite docilité à la parole de Dieu et le modèle de toute sainteté.
En revanche, l’Église orthodoxe rejette l'interprétation catholique de l'Immaculée Conception, car le privilège d'être exemptée du péché originel dès le moment de sa conception priverait Marie de son lien profond avec l'humanité et diminuerait la valeur exemplaire de sa disponibilité au message divin. Elle honore toutefois la Vierge par les appellations d'"immaculée", "sans tache", "toute pure".
Les orthodoxes insistent aussi sur le caractère profondément humain de la mort de Marie. Elle aurait été immédiatement ressuscitée par son Fils et glorifiée près de lui, sans connaître la corruption du tombeau (fête de la Dormition). Placée au-dessus de tous les saints et de tous les anges, elle intercède maintenant auprès de son Fils.
Le culte et la piété des orthodoxes s'expriment dans des pèlerinages à ses nombreux sanctuaires et dans la vénération d'innombrables icônes sur lesquelles, souvent, la Mère de Dieu présente son enfant au monde.

Hors-série Pèlerin "50 clés pour comprendre Marie"

23.3.15

LA CHAPELLE DES BLACHERNES, ISTANBUL


Mère de Dieu des Blachernes Vlaherna Panaghia

La ville était consacrée à Marie ; ses citoyens s’en souvinrent.
Au milieu du Vème siècle est érigée à Constantinople (future Istanbul, en Turquie), sur ordre de l'Impératrice chrétienne Pulchérie, la première chapelle chrétienne (dite aujourd’hui ‘des Blachernes’), sur une fontaine sacrée, pour y abriter les saintes reliques de la tunique et de la robe de la Sainte Vierge (qui y demeurèrent jusqu'en 1204, lorsque les Croisés envahirent Istanbul et les y dérobèrent).
Marie montra sa protection à la ville à plusieurs reprises et particulièrement en 678. Cette année-là la flotte ottomane conduite par le Calife de Damas assiégea Constantinople. La ville était consacrée à Marie ; ses citoyens s’en souvinrent et invoquèrent l’aide de la Vierge : devant la résistance des habitants et leur prière ardente, l’immense armada ottomane dut se replier !
Quant au peuple de la ville, après avoir expérimenté la protection de la Mère de Dieu, il la remercia en chantant debout, pendant toute la nuit, l’Akathistos, le grand hymne Acathiste à la Mère de Dieu, dont l’auteur est inconnu. 

L’équipe de Marie de Nazareth
Cf www.istanbulguide.net

25.2.15

UNE ICÔNE EN HOMMAGE AUX 21 MARTYRS COPTES DÉCAPITÉS



By Tony Rezk,  iconographe égypto-américain

Elle est l’œuvre d’un artiste égypto-américain Tony Rezk. « Cette icône a sans doute été dessinée en partie de manière numérique, car les visages tous identiques semblent avoir été dupliqués », explique dans "La Croix" Marie-Gabrielle Leblanc, historienne d’art, journaliste et familière de l’Église copte. « Au centre, on distingue le visage plus foncé de l’unique Soudanais », poursuit-elle. Et dans le fond, les vagues stylisées rappellent que les 21 Égyptiens ont été assassinés sur une plage libyenne. Les victimes portent l’étole rouge du martyre (portée également par les anges et par le Christ), par-dessus un habit orangé rappelant la combinaison orange que les terroristes islamistes mettent à leurs victimes avant de les décapiter.
Leurs derniers mots ont été pour le Christ. C’est ce que confirme à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Antonios Aziz Mina, Evêque copte catholique de Gizeh. « La vidéo qui montre leur exécution – indique l’Evêque égyptien – a été construite comme une mise en scène cinématographique terrifiante, dans le but de répandre la terreur. Et pourtant, dans ce produit diabolique de la fiction et de l’horreur sanguinaire, on voit que certains des martyrs, au moment de leur mise à mort barbare, répètent « Seigneur Jésus Christ ». Le nom de Jésus a été le dernier mot qui est venu sur leurs lèvres. Comme dans la passion des premiers martyrs, ils s’en sont remis à Celui qui, peu après, les aurait accueillis. Ils ont ainsi célébré leur victoire, une victoire qu’aucun bourreau ne pourra leur enlever. Ce nom murmuré au dernier instant a été comme le sceau de leur martyre ». 
Les 21 jeunes gens sont déjà canonisés : le patriarche copte-orthodoxe Tawadros II a annoncé que leurs noms seront inscrits dans le Synaxarium, l’équivalent du Martyrologe romain pour l’Église copte. Le martyr de ces 21 coptes sera célébré le 8e jour d’Amshir du calendrier copte, soit le 15 février du calendrier grégorien. Le premier ministre égyptien, Ibrahim Mahlab, a révélé que le président Abdel Fattah al-Sisi avait décidé la construction, aux frais de l’État, d’une église dédiée « aux martyrs de Libye » dans la ville de Minya. En outre, par décret présidentiel, les familles des victimes du terrorisme islamiste recevront un dédommagement financier et deviendront titulaires d’une pension mensuelle.

infocatho.be 24/02/2015

12.11.14

INTERPRÉTATION SPIRITUELLE DE L'ICÔNE DE LA TRINITÉ DE ROUBLEV



Icône de la Trinité by A. Roublev (ca.1370-1430)

L’icône de la Trinité d’André Roublev* est souvent considérée comme le point culminant de l'iconographie russe (...). C’est au point de vue de l’interprétation spirituelle que nous aimerions nous placer maintenant. Nous voudrions essayer de répondre en termes très simples à la question: " Que nous dit de la Sainte Trinité l’icône de Roublev ?"
(...) Il s’agit d’une représentation de l’épisode décrit au chapitre 18 de la Genèse. Le Seigneur, y est il dit, apparut à Abraham dans la plaine de Mambré, sous la forme de trois hommes (la Bible ne prononce pas ici le mot « anges »). Abraham les invita à se reposer et leur offrit un repas. La tradition patristique a vu en ces trois visiteurs une figure des trois personnes divines. À sa suite, la tradition iconographique byzantine a choisi de représenter la Trinité sous l’aspect des trois hommes, devenus des anges, assis à la table d’Abraham. L’icône de Roublev s’insère donc dans une longue tradition consacrée. Mais peut-être nous parle-t-elle plus que ne le font les autres anneaux de cette chaîne.
Remarquons tout d’abord le rythme ou mouvement circulaire qui semble entraîner tous les éléments de l’icône. La position des sièges, entrevus latéralement, celle de leurs marchepieds, la position même des pieds des deux anges du premier plan, l’inclinaison de leurs têtes : tout cela évoque, suggère un mouvement « dirigé » (dans le sens contraire à celui des aiguilles d’une montre). Ce mouvement se manifeste aussi bien à l’arrière-plan. L’arbre s'infléchit vers la gauche (du spectateur), comme sous le souffle d’un vent fort. À gauche encore s’infléchissent les pans coupés de la toiture de l’édifice. Ce rythme exprime la circulation et la communication de la même vie divine entre les trois personnes. Mais celles-ci ne se retranchent pas dans un système clos. Leur rythme est un rythme d’adoption, d’effusion, de don, de générosité et de grâce. Leur condescendance admet, invite dans le cercle divin l’être créé, - mais il y demeurera distinct et à sa propre place. En courbant l’arbre, le mouvement circulaire de la vie divine atteint la nature. En infléchissant le toit de l’édifice (lequel, à en juger par son style général et plus spécialement par celui de la fenêtre et de la porte, est une église), il atteint l’humanité priante, l’humanité à sa plus haute puissance. Le monde « adopté » constitue en quelque sorte la périphérie. Les trois personnes demeurent le centre. Cela est indiqué par une subtile dégradation des couleurs. Les tons foncés - bleu, grenat, orange, vert - des vêtements des anges sont entourés du jaune-feu plus léger des ailes et des sièges et de la pâle transparence dorée de l’arrière-plan. La réalité maximale est celle des trois personnes. « Je suis celui qui suis » (Ex 3,14).
Regardons maintenant les traits des trois personnes. Elles n’ont pas d’âge, et cependant elles produisent une impression de jeunesse. Elles n’ont pas de sexe, et cependant elles unissent la robustesse précise à la grâce. Les physionomies et les gestes n’ont pas été « construits » en vue du charme, et cependant le charme qui se dégage est immense. D’autres symboles trinitaires - par exemple l’Ancien des jours, l’agneau, la colombe, trois hommes assis sur un même trône - ont été représentés. Mais, à notre avis, aucune représentation n’est aussi apte que l’icône de Roublev à « introduire » le croyant dans la réalité vivante des trois personnes. Pourquoi ? Parce que Roublev a su exprimer d’une manière unique l’éternelle jeunesse et l’éternelle beauté des trois. En théorie, on sait bien tout cela. Mais quand au lieu d’un vieillard à barbe et chevelure de neige et d’une impénétrable colombe, on retrouve, grâce à une œuvre d’art, la beauté et la jeunesse du Fils dans le Père et dans le Paraclet, on reçoit comme une révélation pratique, non de concepts, mais d’attitudes. Désormais l’on « voit » différemment, on « approche » différemment, on « sent » les trois différemment, car il nous a été maintenant suggéré qu’ils sont autres, non point que ce que nous croyions, mais que ce que nous imaginions (d’ailleurs plus ou moins malgré nous). Et, dans notre nouvelle vision - celle de l’éternelle jeunesse et beauté, celle de l’indescriptible charme des trois - il y a plus de chaleur, plus d’attrait, plus de joie, plus de réalité personnelle que dans la « peinture abstraite » que nous avions déduite des schémas théologiques. « Tes yeux verront le Roi dans sa beauté » (Is 33,17).
(...)
Une dernière remarque. Rien ne distinguerait l’une de l’autre les physionomies des trois anges, si ce n’était la relation que chaque physionomie exprime à l’égard de l’« autre ». Nous avons ici trois générosités qui ne sont ni opposées ni juxtaposées, mais « posées » l’une par rapport à l’autre - posées non devant l’autre, mais en l’autre, de sorte que c’est dans cette relation d’amour que chaque personne divine « se trouve » en tant que distincte, s’affirme et jouit de son bonheur. Chaque personne divine tend vers l’autre comme vers le terme où elle obtient sa plénitude. L’icône de Roublev, par ce qu’elle nous fait entrevoir du mystère de la Trinité, nous révèle le mystère de la charité suprême que notre charité créée ne saurait rejoindre, mais dont elle peut recevoir son inspiration et son orientation.
André Roublev n’entendait pas suggérer des pensées, mais bien une prière.

Un Moine de l’Église d’Orient,
Extrait de la revue Irénikon, n° 26, 1953,
reproduit dans Contacts, n° 116, 1981.

* Le moine André Roublev vécut approximativement de 1370 à 1430. L’icône de la Trinité fut peinte vers 1410 pour le monastère de la Sainte Trinité et de Saint Serge, près de Moscou. Elle a été restaurée en 1906 et 1918.

1.11.14

DES ICÔNES DE VIE POUR LA VIE



"Technique de l'iconographie" by Abraham Karl Selig


La peinture d’icônes est liée de façon essentielle à la foi chrétienne.
Les thèmes peints sont à chaque fois des figures et des épisodes de l’histoire fondatrice du christianisme. Il est donc impossible de les représenter sans se référer au sens que ces images véhiculent. Il faut par conséquent bien se pénétrer de la signification de la scène ou du portrait peint. Cela implique une lecture et une méditation fréquentes du passage concerné de la Bible ou des apocryphes. Par ailleurs, j’ai remarqué que plus je priais en pensant à une icône, lors de sa réalisation, et même avant ou après, plus celle-ci comportait ensuite une charge spirituelle significative, une Beauté pourrait-on dire, une Force, une Puissance, dépassant la dimension technique du travail effectué. Ce sont à mes yeux, parmi toutes les images auxquelles nous sommes confrontés, des images supérieures. Ce sont des représentations qui expriment une dimension supérieure, une sorte d’Absolu, une Transcendance, une Plénitude. Pour les chrétiens, il s’agit de la Présence de Dieu. L’icône est ainsi une des manières qu’a Dieu de se manifester à nous. Peindre une icône permet d’accomplir un acte essentiel consistant à nous mettre en rapport avec Dieu, à faire en sorte que l’icône peinte soit inspirée par lui et, en conséquence, qu’elle permette — par sa vision — de nous relier à l’Absolu. L’icône a la mission de manifester, dans la chair du monde, cette puissance d’Amour total qu’est Dieu. A mon sens, c’est en effet cela avant tout Dieu, un amour sans condition, un amour donné toujours et en dépit de tout, une Energie infinie et omnipotente. La peinture d’icône, son écriture, n’est donc pas un petit divertissement que l’on accomplit pour ne pas s’ennuyer. Il en va de choses beaucoup plus fondamentales, il en va même au fond de l’essentiel, et c’est cela qui m’importe.
(...)

David Rouzeau, iconographe
in "L’Atelier Saint-Luc – la passion de l’iconographie", Lausanne

27.10.14

L'ICÔNE NOUS TRANSCENDE



Vierge en majesté,(40x22), by Bruno Maillat (?)

Engagé dans l’église comme chef de choeur, je découvre l’art de la peinture d’icône à la semaine romande de musique et de liturgie à Saint-Maurice (Valais).
Cet art nous permet de prier, de méditer, de se sentir remplis de la plénitude de Dieu.
Ecrire une icône est semblable à l’écriture d’une partition de musique. Chaque trait nous transporte au- delà de nous-mêmes.
Nous ne sommes qu’instrument de Dieu guidés par l’Esprit-Saint.
Que cet art me permette toujours de trouver le chemin de l’amour et de la paix.

Bruno Maillat 
Atelier Saint Luc, Lausanne

*****

"On ressent l’icône comme dépassant tout ce qui l’entoure, comme demeurant dans un autre espace, dans son propre espace et dans l’Eternité.
Devant elle s’apaise le feu des passions et l’agitation du monde, elle est au-dessus du monde, elle dépasse le monde qualitativement et à partir de son espace, elle agit ici, parmi nous"

Père Paul Florensky (1882-1937), théologien orthodoxe russe, philosophe, mathématicien

Verso de l'icône 
L'icône ci-dessus est à vendre par nécessité. Elle provient de l'atelier Saint-Luc à Lausanne. S'adresser à philippe.burgue@orange.fr , intermédiaire.

16.10.14

L'ICÔNE ET LES OFFICIERS SOVIÉTIQUES RUSSES



"Hodighitria", Mère de Dieu qui montre le chemin


Pendant une période de manœuvres de l’armée russe en Pologne, sous le régime soviétique, une maison bourgeoise où habitaient une dame et ses deux enfants est réquisitionnée pour y loger quelques officiers russes.
Or dans une des chambres que les officiers s’octroyèrent se trouvait une belle icône de la Vierge avec l’Enfant Jésus à laquelle madame Waldner, propriétaire de la maison, tenait d’autant plus qu’il s’agissait d’un souvenir familial précieux venant de ses ancêtres. Profitant un jour de l’absence des officiers, madame Waldner reprend l’icône et la remplace par un beau tableau champêtre…
Quelle ne fut sa surprise à leur retour ! Le soir même le commandant soviétique vint me demander ce que l’icône était devenue en m’expliquant : « Le gouvernement, sans doute, est contre la religion, mais nous ne sommes pas de son avis et nous prions comme on le fait partout en famille »…
Les Chrétiens de Russie ont gardé des millions d’icônes devant lesquelles ils prient, et la Vierge Marie a gardé ainsi la foi de ses fidèles dévots de la Sainte Russie.

Notre Dame des Temps Nouveaux –Juin 1986
Rapporté par Frère Albert Pfleger
Dans Fioretti de la Vierge Marie
mariedenazareth.com

12.9.14

LA FÉMINITÉ DANS L'ORTHODOXIE



Vierge de tendresse "eleousa" de Vladimir


La féminité est importante dans l’orthodoxie, même si le débat sur la place de la femme existe aussi. Mais Marie échappe un peu à cela. Sa féminité remplit l’espace. Dans l’iconographie d’abord : les vierges miraculeuses sont très présentes et nombreuses. Les vierges de Kazan et de Vladimir sont des icônes très répandues. Dans l’hymnographie aussi, la Vierge est citée de multiples fois et de multiples manières. Toutes les prières sont ponctuées par la salutation de saint Paul : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit », et la prière qui suit cette invocation, après « et maintenant et toujours et pour les siècles des siècles, amen », est toujours dévolue à la Vierge. Cela s’appelle « dogmatikon », qui veut dire : « sur le dogme ». Le premier dogme de l’orthodoxie est l’Incarnation et la Résurrection. Cette prière s’appuie sur l’histoire de Marie.
Dans un office, il y a une centaine d’invocations à la Vierge. Selon la fête en question, on chante sa naissance, sa virginité, sa pureté, son oui, son intercession, sa bonté, sa féminité, sa maternité. Tous ces aspects de la vie de Marie sont très riches et l’imagination poétique permet d’aller dans toutes les directions, selon tous les modèles littéraires. L’orthodoxie est donc imprégnée de féminité. Jus-qu’aux coupoles russes et grecques, dont l’architecture tout en rondeur a quelque chose de très maternel et féminin.
Pourquoi une telle place donnée au féminin ? Parce que l’être humain a besoin de la tendresse féminine, maternelle, charnelle. Nous avons une icône magnifique de la Vierge de tendresse qui parle particulièrement à la sensibilité russe, parce qu’elle porte en elle un besoin de pureté. Dans l’iconostase, l’icône du Christ est à droite et celle de la Vierge à l’enfant à gauche. Elle est celle qui a dit oui...

Véronique Lossky, professeur émérite à l'université Paris IV
in i-book Marie, ed. Bayard

28.8.14

LA VIERGE NOIRE DE JASNA GORA





Avec ses 4 à 5 millions de pélerins par an (presqu'autant qu'à Lourdes et à Fatima...), le sanctuaire de Notre Dame de Czestochowa qui abrite la Vierge Noire de Jasna Gora, en Silésie (Pologne méridionale, ex République de Weimar), est un des plus célèbres de l'Europe centrale.  Son pélerinage remonte au XIVe siècle.
En polonais, Jasna Gora veut dire "Montagne Lumineuse". Tout ce que la Pologne comptait de grands personnages du Royaume allait prier au sanctuaire de Czestochowa, y compris ses rois qui avaient coutume de s'y rendre après leur couronnement pour rendre hommage à la Madone noire. La Vierge de Jasna Gora fût amenée en 1382 sur la colline dominant Czestochowa , par le roi Ladislas qui fit construire là un monastère pour les moines de saint Paul. Deux ans après, en 1384,  l'icône célèbre de la Sainte Vierge de Jasna Gora est installée dans le monastère.

D'où vient la Vierge Noire de Jasna Gora ? La légende attribue la peinture originale à Saint Luc, qui aurait utilisé la planche de la table sur laquelle priait et prenait nourriture la Sainte Famille... Depuis le XVème siècle, de nombreuses copies du tableau furent exécutées. Une centaine font l'objet de vénération et plus de dix furent couronnées. En 1717, la Vierge de Jasna Gora sera la première de Pologne a être couronnée des diadèmes papaux. Très vite, la "Montagne lumineuse" est célèbre dans tout le royaume.
Le cœur du sanctuaire de Jasna Gora est l'icône. Ce n'est pas tant le fait que la tradition l'attribue à saint Luc, ni le fait que tant de rois aient aimé ce lieu, c'est l'icône elle-même qui attire les foules de pèlerins.
Celui qui regarde l'icône se trouve immergé dans le regard de Marie, il regarde Marie qui le regarde. Le visage de Jésus est aussi tourné vers le pèlerin, mais son regard est tourné vers ailleurs. 
La joue gauche de Marie est blessée de deux traits parallèles, et son cou est aussi blessé. La position de Marie est celle de l'hodigitria (celle qui indique le Chemin, la Vérité et la Vie, celle qui guide). De nombreux exvotos témoignent des grâces et des miracles reçus.  
En 1994, plus de 4 millions de personnes provenant de 69 pays s'y sont rendues. On attribuait alors 2 610 « interventions miraculeuses » à la Vierge en ce lieu. Jean Paul II s'y est rendu 6 fois. 

www.jasnagora.pl
et
mariedenazareth.com

13.8.14

THÉOLOGIE DE L'ICÔNE: LA VÉNÉRATION



Icône de la Dormition, by Théophane le Grec, 1340-1410

"Le dogme des icônes, c'est à dire de leur vénération, est le point final au sommet de l'édifice théologique de l'orient." Ceci signifie que l'enseignement sur les icônes récapitule toute la réflexion théologique de l'orient byzantin. Parce que l'icône est une théologie par excellence.
Quand on fête la victoire de l'Orthodoxie, c'est à la fois une fête historique et une fête de victoire de la vénération de l'icône contre sa destruction. Cette victoire est théologique est non pas artistique et pour l'orthodoxie il s'agissait d'une question de vie ou de mort. 
L'icône est écrite, dans le sens de graphis, elle est donc une théologie écrite. "Si la parole cesse de correspondre à l'image, il se produit une rupture entre les deux différentes façon d'exprimer la même vérité. Leur unité ontologique est détruite. C'est pourquoi l'expression théologique de l'image-icône est acceptable à condition qu'elle corresponde à la théologie dans son sens patristique" 
L'icône est une image produite par l'Église, elle exprime sa foi. l'aspect artistique est secondaire par rapport à la signification théologique. Si l'explication de l'icône sort du cadre de l' Église afin de l'interpréter d'une manière qui lui est étrangère, on n'est plus dans une théologie juste de l'icône mais dans sa déformation. 
"La théologie chrétienne est enseignée dans les séminaires académiques mais le contenu dogmatique de la doctrine qui se trouve dans l'image n'a pas été enseignée dans l' Église. Personne n'est tenu de connaître l'histoire de l'icône mais il doit connaître sa foi. Être capable de dire si l'image qui se trouve devant lui exprime ou non cette foi est le devoir de chaque fidèle." Le fidèle n'est donc pas obligé de connaître les sciences auxiliaires de l'icône mais s'il ne sait pas si l'icône qu'il a devant lui respecte la foi de l'Église, c'est une lacune. En effet, une explication de l'icône qui resterait esthétique ou rationnelle n'aurait pas de sens, car le contenu théologique révélé de l'icône - expérience humaine de la vie divine - n'est pas accessible à l'analyse scientifique. 

Père Razvan Ionescu - COERDS
D'après "La théologie de l'icône dans l'Église orthodoxe", par Léonide Ouspensky, 
édit, du Cerf 05/2003
www.spiritualite-orthodoxe.net

REPRISE AU RALENTI DU BLOG

By Andreï Roublev

Faute de temps pour assurer une recherche sérieuse, le blog reprend  désormais, mais au ralenti en fonction des textes trouvés au fil de mes lectures.  
Les beaux textes de la tradition orthodoxe concernant spécifiquement les icônes seront   donc à nouveau publiés ici.

Fraternellement,
Chantal K.-B.

12.3.14

LES YEUX DE DIEU





Vous regardez l'icône du Sauveur et vous voyez qu'Il vous regarde en elle, les yeux très brillants, ce regard est l'image de la façon dont Il vous regarde en fait avec Ses yeux, qui sont plus lumineux que le soleil, et Il voit toutes vos pensées, entend toute votre détresse et vos soupirs profonds. 
L'image est une image, et représente en lignes et signes ce qui ne peut être délimitée, ce qui ne peut être donné en signes, et ne peut être compris que par la foi seule. 
Croyez donc que le Sauveur vous protège toujours et voit chacun de vous, avec toutes vos pensées,vos chagrins et vos soupirs, dans toutes les circonstances de votre vie, comme sur la paume de la main. "Voici, je t'ai gravé sur les paumes de mes mains; tes murs sont toujours devant mes yeux" (Isaïe 49:16), dit le Seigneur Dieu. 
Quelle grande consolation et quelle vie sont contenues dans ces gracieuses paroles du Dieu Tout-Puissant et prévoyant! 
Donc,  priez devant l'icône du Sauveur, comme devant Lui-même. L'Ami des hommes est présent en elle par Sa grâce, et avec les yeux qui y sont représentés, Il vous regarde vraiment: "Les yeux du Seigneur sont en tout lieu"(Proverbes 15:3), tandis qu'avec Ses oreilles, comme elles sont représentées sur l'icône, Il vous entend. Mais rappelez-vous que Ses yeux sont les yeux de Dieu, et Ses oreilles sont les oreilles du Dieu omniprésent.

Saint-Jean de Cronstadt:
My Life in Christ
Version française Claude Lopez.Ginisty

11.3.14

L'ICÔNE HODIGITRIA, CONNOTATION EUCHARISTIQUE







Les icônes montrent à l'Église terrestre, réunie en assemblée liturgique, la présence de l'Église céleste qui est, elle aussi, une assemblée qui de manière permanente prie et célèbre. En chacune des deux assemblées, céleste et terrestre, la Vierge Marie est la première,  la reine des saints, la Mère du Seigneur des saints. 
L'art chrétien, justement considéré comme "collaborateur de la sainte liturgie" (Pie XII), a vu et souligné le rapport théologique qui existe entre l'Eucharistie et Marie. 
L'icône Hodigitria est d'origine orientale. Hodigitria signifie "Celle qui conduit". Marie est "Celle qui montre la voie : Jésus Christ". Elle soutient l'Enfant qui bénit et elle le désigne à celui qui regarde ; son geste semble dire : “c’est lui le chemin”. 
grands yeux en amande regardent intensément l'observateur. Le menton  est nuancé. Le visage dégage force et confiance, ce qui  justifie le nom de “Notre Dame du réconfort”. 
 
Sergio Gaspari 
http://www.mariedenazareth.com

6.1.14

LA LUMIÈRE DIVINE AU SAINT SÉPULCHRE







Cette cérémonie religieuse se passe chaque année à Jérusalem dans l'Eglise Orthodoxe de la Résurrection, où se trouve le St. Sépulcre, d'une façon telle qu'elle bouleverse les âmes des Chrétiens.
Le Samedi Saint, à midi, le Patriarche orthodoxe de Jérusalem, ou un autre Archevêque orthodoxe, entre dans le Saint Sépulcre, il récite des prières spéciales et attend. L'attente est tantôt longue, tantôt courte. Dans l'Eglise, qui est dans l'obscurité, la foule des fidèles répète continuellement à haute voix: "Seigneur aie pitié" (Kyrie Eleison). A un certain moment la Sainte Lumière jaillit du fond du Saint Sépulcre d'une façon surnaturelle, miraculeuse (...) Elle apparaît en dehors du St Sépulcre ayant une lueur d'une nuance totalement différente de la lumière naturelle. Elle étincelle, elle court comme un éclair, vole comme une colombe autour du baldaquin du St Sépulchre et allume les lampes à huile qui pendent éteintes devant le baldaquin. Elle tourbillonne d'un bout à l'autre de l'Eglise de la Résurrection, elle va à certaines de ses chapelles, comme par exemple celle du Calvaire, qui se trouve au-dessus du baldaquin du St. Sépulchre et allume leurs lampes à huile. Elle allume aussi quelques cierges que tiennent certains chrétiens. En effet il y a des pélerins très pieux qui, chaque fois qu'ils ont assisté à cette cérémonie, ont vu leurs cierges s'allumer tous seuls !
Cette lumière divine présente aussi quelques particularités : Dès son apparition elle a une nuance bleuâtre et ne fait pas de brûlure. Aux premiers instants de son apparition on peut lui faire toucher le visage, la bouche ou les mains sans aucun mal. Cela est une preuve de sa provenance divine et surnaturelle. (...) 
L'apparition de la Sainte Lumière est un évènement qui a lieu chaque année devant des milliers de témoins visuels. Personne ne peut le contester. Par contre cet évènement miraculeux peut fortifier ceux qui ont une foi faible. Il y a des cas récents très émouvants de quelques Juifs qui ont cru au Christ après avoir vu la Sainte Lumière et qui disaient à leurs compatriotes : "Qu'attendez-vous encore le Messie ? Le Messie est venu."

"Triode de Carême", Diaconie Apostolique 1993 (extraits)
calendrier.egliseorthodoxe.com


*****

(...) Je n'ai jamais rien vécu de semblable. Je ne savais pas de quoi j'allais être témoin en cette fête du Samedi Saint de l'an 2000. Tous autour de moi le savaient, les Grecs. les Russes, les si nombreuses femmes qui se tenaient là avec leurs torches éteintes, moi seul je ne savais pas. Je ne comprends toujours pas le phénomène de cette lumière miraculeuse et du feu de couleur bleue qui s'échappe du sépulcre, et je ne peux pas le savoir. Et pourtant, que là même où l'étincelle de la foi de Pâques a surgit dans le monde, qu'il y ait là en ce lieu même une liturgie de la Lumière dont les origines remontent au tout début de l'ère chrétienne, c'est un fait pur et simple.

Paul Badde, historien, journaliste
in "Das Grabtuch von Turin", éd. Pattloch, 2010
traduit de l'allemand

2.1.14

MÈRE DE DIEU, SOURCE DE VIE







Les interventions de Marie à Constantinople ont été très fréquentes, notamment au sanctuaire de la Source Vivifiante, toujours très célèbre, à l'ouest de la ville, un peu à l'extérieur des remparts, près de la porte de Silivri. C'est le lieu d'une multitude de miracles qui se sont réalisés et continuent de l'être depuis plus de 15 siècles par l'intercession de la Vierge, « Source de Vie ».
(...)
Après la prise de Constantinople par les Turcs (1453), l'église et le monastère ne sont plus que ruines, mais les malades continuent à accourir à la Source où se multiplient miracles et guérisons : « quelle langue pourra décrire tout ce que cette eau a produit et tout ce qu'elle opère jusqu'à ce jour, car ils surpassent en nombre les gouttes de pluie, les astres du ciel ou les plantes de la terre, les miracles que nous observons tous les jours ! » (Triode de Carême, Diaconie Apostolique 1993).
Au 19e siècle, l'église est reconstruite telle qu'elle existe encore aujourd'hui, ainsi qu'une autre plus petite abritant la Source. Cet endroit est appelée actuellement "Balikli" ou "Baloukli", du turc "balik" qui signifierait "poisson" ; l'eau y est en effet très poissonneuse. Depuis 1824, tous les patriarches de Constantinople sont enterrés au monastère.
Cette eau de salut coule toujours... pour la guérison des maladies du corps et de l'âme : « O Vierge, tu es en vérité la Source de l'eau vive ; seule tu effaces à ton contact les cruelles maladies des âmes et des corps, en nous versant le Christ comme l'eau du salut » (matines orientales de la fête de ce jour).

http://icones-orthodoxes.blogspot.com/2009_07_01_archive.html (extrait)