15.3.12

LE CHRISTIANISME RUSSE aux 11ème et 12ème s.: L'ÉVANGÉLISME



Le prince Vladimir, et ses fils Boris et Gleb
canonisés au 11ème siècle
 

Deux grandes tendances apparaissent dans le jeune christianisme russe à la fin du 11ème siècle: l'évangélisme et le ritualisme
La sensibilité russe va souligner le mystère central de l'Évangile: le salut par l'amour, apporté non aux justes et aux bien portants, mais aux pécheurs qui se repentent. Celui qui se découvre pardonné et aimé ne peut plus vivre que dans l'humilité et dans l'amour.  Le chant des Béatitudes au début de la liturgie disparaîtra dans l'Église grecque, mais sera pieusement conservé dans l'Église russe. L'amour des ennemis, la non-résistance au mal, la souffrance vécue en communion avec le Christ, la joie qui naît de cette union avec le Ressuscité, voilà ce qu'aimeront souligner dans l'évangile les chrétiens russes. Dans le patrimoine contemplatif de l'Orthodoxie, les saints russes mettront l'accent sur la tendresse, l'oumilénié, qui perce le coeur lorsqu'il découvre combien Dieu aime les hommes. Ainsi, saint Isaac le Syrien, tellement lu durant le Moyen-Âge dans les monastères russes, demande de prier "pour les ennemis...même pour les reptiles", et de se sentir, devant Dieu, confiant et balbutiant comme un enfant. Plus largement, la sensibilité de l'Église russe a été marquée par celle de Syméon le Nouveau Théologien et de cette icône de la Vierge de Tendresse envoyée de Byzance en Russie, et qui va devenir le trésor de la nation, la "Vladimirskaya".
Ainsi s'innove une nouvelle forme de sainteté en Russie, dont les premiers représentants seront Boris et Gleb, les fils du Prince converti Vladimir de Kiev. 

Olivier Clément, 1921-2009, théologien orthodoxe, engagé dans l'oecuménisme
in L'essor du christianisme oriental, éd. Desclée de Brouwer

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