29.6.11

UNE FAVEUR DE DIEU À L'HOMME






Rejoignant l'enseignement des Pères de l'Église, Gregor de Palamas montre que Dieu s'est révélé et se révèle encore d'une façon progressive à l’humanité. Dieu communique sa divinité à ceux qui en sont dignes. Il en est l’origine, la source, la cause éternelle. Cette grâce déifiante est, tout comme Dieu, incréée et éternelle. Contrairement aux êtres vivants et au monde, aux créatures et à la création, cette grâce n’a pas de commencement dans le temps. Elle existe depuis toujours en Dieu. Cette grâce est une lumière, celle qui rayonne autour de Dieu, des anges, mais également des saints. Elle se manifeste aux hommes qui en sont dignes. L’être humain ne dispose d’aucun moyen automatique pour obtenir et laisser transparaître en lui cette lumière émanant de Dieu. C’est pourquoi elle est toujours une grâce, une faveur que Dieu fait à l’homme, sans que ce dernier ne connaisse le moment de sa manifestation. Cette lumière répand la joie en l’homme, une joie spirituelle, profonde, ineffable, qui est l’un des signes les plus manifestes de la présence de Dieu en l’homme. En outre, cette lumière constitue la beauté du siècle à venir, du Royaume de Dieu, de la vie éternelle. C’est là le signe de la présence de Dieu en tous les êtres auxquels il a donné la vie. C’est la transfiguration de toute la création. Le saint dans cette perspective est celui qui dans l’Esprit appréhende déjà, ici et maintenant, mais pas encore complètement, cette réalité future. Et tous ceux qui se mettent à son écoute et suivent ses conseils en sont également les bénéficiaires.

Saint Grégoire Palamas (1296-1359), 
archevêque de Thessalonique
in wikipedia, en ligne

28.6.11

QUEL SPLENDIDE PALAIS!



Saint Jean de Cronstadt


Tu remarques sans cesse que Dieu ne supporte pas la plus légère impureté, même passagère, en toi et que la paix et Dieu lui-même te quittent dès que tu as laissé pénétrer en ton coeur une pensée impure. Et te voilà la demeure du démon si tu ne rejettes pas immédiatement le péché. Ainsi donc, à chaque pensée coupable, et plus encore à chaque parole ou action coupable, nous devons dire : "C'est le démon". A chaque pensée, parole ou action bonne et sainte, nous devons dire : "C'est Dieu" ou "Cela vient de Dieu". Imagine donc quel palais splendide, pur et inviolé, dut être pour le Tout-Puissant l'âme très sainte et le corps très pur de la Mère de Dieu, lorsque le Verbe de Dieu vint demeurer en son sein ! Imagine de quelle sainteté éternelle, infinie et immuable elle rayonne, de quelle vénération et de quelle gloire elle est digne! Et vois ce que nous sommes : "Un roseau agité par le vent " (Matth. 11, 7). Le démon souffle le blasphème en nos coeurs, et aussitôt nous voici agités, troublés, déprimés, alors que nous devrions mépriser toutes ces pensées, n'y point faire attention, les regarder comme des illusions."


Saint Jean de Cronstadt, 1829-1908, archiprêtre
in "Ma vie en Christ"

27.6.11

MÈRE DE DIEU, ASTRE SANS DÉCLIN



Deesis contemporaine, détail


Nous te saluons, Marie, Mère de Dieu, trésor sacré de tout l'univers, astre sans déclin, couronne de la virginité, sceptre de la foi orthodoxe, temple indestructible, demeure de l'incommensurable, Mère et Vierge, à cause de qui est appelé béni, dans les saints Évangiles, celui qui vient au nom du Seigneur. 
Nous te saluons, toi qui as contenu dans ton sein virginal celui que les cieux ne peuvent contenir. Toi par qui la Trinité est glorifiée et adorée sur toute la terre, par qui le ciel exulte.

Saint Cyrille d’Alexandrie (+ 444) 
Patriarche d'Alexandrie, Père et Docteur de l'Eglise
cité par "mariedenazareth.com", en ligne

25.6.11

ICÔNE DE LA TRINITÉ



cône de la Trinité, fin 15° s.,
Novgorod, Russie


Le dogme trinitaire était devenu d'une actualité brûlante à la fin du 14° siècle, du fait que l'hérésie des prêcheurs itinérants (stigolniki)concentrée à Novgorod à partir du 12° siècle, niait ce dogme. 
À Byzance la Trinité était représentée le plus souvent par l'Hospitalité d'Abraham (Genèse 8, 1-33), sauf qu'à la place des trois hommes mentionnés dans le texte de l'Ancien Testament, on représente trois anges, seuls ou avec Abraham et Sarah. 
L'auteur de l'icône ci-dessus, Andreï Roublev, a voulu éviter tout élément anecdotique et ne montre donc que trois anges assis autour de la table du festin. Ils sont, comme le préconisait l'esthétique byzantine traditionnelle, sans épaisseur, immobiles et impassibles. L'inclinaison de leur tête, le mouvement de leurs pieds et de leurs mains créent un lien subtil entre eux et les situent dans un cercle imaginaire. S'ils constituent ainsi une figure unique composée par trois personnages, comme c'est le cas pour la Trinité elle-même, ils ne communiquent pas entre eux. Silencieux, le regard dirigé au loin, ils sont plongés dans une profonde méditation dont l'objet est peut-être le mystère de l'Eucharistie. Car les gestes des anges désignent le centre de la table et le calice dans lequel se trouve une tête de veau. Or le veau dans l'Ancien Testament est considéré par les commentateurs chrétiens comme une préfiguration de l'agneau immolé, autrement dit l'Eucharistie.
Cette icône est marquée par une sorte de douceur, inconnue jusque-là  dans le monde byzantin. Cependant Roublev ne fera pas école, il aura des élèves mais pas de continuateurs, même s'il influence les peintres russes des générations à venir.

Tania Velmans, directeur de recherche sur l'art byzantin au CNRS
in " Le style de l'icône - Les Balkans et la Russie"

22.6.11

LA PRIÈRE, INVITATION DIVINE



Christ Pantocrator, 6° s.,
monastère Sainte-Catherine, Sinaï



La prière véritable, dans laquelle nous avons accès auprès de Dieu et parlons en sa présence, n'est pas un simple acte humain.
Elle est essentiellement une invitation divine à laquelle nous ne faisons que répondre. Dieu est toujours et en tout temps disposé à nous recevoir et il ne cesse de nous inviter à venir vers lui: " Tout le jour j'ai tendu les mains (Rom. 10,21) "... "Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai (Matth. 11,28) ". " Celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors (Jn 6,37) ".
Car Dieu se réjouit de m'avoir auprès de lui; et si possible de façon permanente.
Lorsque nous nous tenons devant Dieu, en sa présence, nous réalisons en fait le retour de la créature exilée vers le sein de son Créateur, à l'instar du retour d'Adam au Paradis.
Aussi la prière est-elle, en soi, une réparation des longues heures passées loin de Dieu parmi les préoccupations de la terre et les soucis de la vie temporelle (Luc 21,37). En soi, la prière représente un retour à Dieu, une véritable conversion.
Dieu, autrefois, a chassé Adam de sa présence, et le voici maintenant qui nous appelle sans cesse, " tout le jour" , à entrer en sa présence et à rester avec lui.
Une fois que nous sommes entrés auprès de lui par la prière, Dieu désire que nous ne ressortions plus jamais.
Aussi la prière véritable, qui a réussi à répondre au désir bienveillant de Dieu doit-elle continuer secrètement au fond du coeur, par un échange sans paroles, après que nous ayons quitté le lieu de la prière.
Nous allons alors à nos diverses occupations, tandis que la prière ne cesse de continuer son travail secret à l'intérieur de nos coeurs.


P. Matta el Maskine, 1919-2006
père spirituel du monastère Saint-Macaire, Wadi el Natroun 
in "Conseils pour la prière", en ligne

21.6.11

DOROTHÉE DE GAZA, PÈRE DU DÉSERT



Saint Dorothée,
anachorète en Palestine , 6° s.


Disciple des pères du désert (Barsanuphe, Jean et Séridos), le moine Dorothée réalise comme chacun d'eux à leur manière l'idéal du père spirituel.
Ses Instructions sont probablement des notes fragmentaires prises par un disciple au cours des causeries de Dorothée à ses moines. 
Pour expliquer la nécessité de l'ascèse chrétienne et monastique, s'inspirant des Pères grecs Irénée, Origène, Athanase et des Cappadociens, Dorothée la situe au coeur du mystère du salut. Il remonte d'abord jusqu'aux origines de l'humanité, à la chute et à ses conséquences. Puis il montre l'oeuvre libératrice du Christ. Cette libération va plus profond que la Loi. Celle-ci nous disait ce qu'il ne fallait pas faire. Les commandements du Christ s'attaquent à la cause du mal. Ce n'est donc pas tant le mal qu'il nous est demandé d'éviter,mais les passions qui sont la cause du mal.
Dorothée discerne que le Christ va encore plus loin en nous montrant que la cause de tout mal est l'orgueil et en nous recommandant l'exemple de son humilité. Il va donc conclure: "Que celui qui veut trouver le vrai repos pour son âme apprenne donc l'humilité! Puisse-t-il voir qu'en elle se trouvent toute la joie, toute la gloire et tout le repos, alors que dans l'orgueil c'est tout le contraire".
Telle est la voie de tout chrétien. Tout chrétien est tenu d'observer ces commandements.
De son vivant Dorothée s'adressait à des laïcs de Gaza  qui venaient le visiter et il les instruisait. Il fut lu par tous les milieux, car sa doctrine est avant tout une doctrine chrétienne, et de plus son caractère "social" le fait estimer des chrétiens soucieux de mener au milieu du monde une vie de perfection.


users.skynet.be/am012324/studium/bresard/Gaza
"Histoire spiritualité monastique"

20.6.11

LES MOINES DE GAZA (480-590)








L'Egypte avait été le haut lieu de la vie anachorétique et cénobitique durant presque deux siècles. Au nord de l'Egypte, au sud de la Palestine, le désert de Gaza avait été très tôt habité par des moines : dans ce sud de la Palestine, avait fleuri le système de la Laure : on se formait dans un monastère, mais on n'y restait pas forcément toute sa vie. On pouvait mener une vie plus solitaire et se présenter au monastère chaque samedi. Quelques-uns vivaient dans une réclusion totale.  Ces moines de Gaza, à l'époque qui nous intéresse, au sixième siècle, au temps de saint Benoît, se situent alors plus d'un siècle après les Pères du désert étudiés dans les apophtegmes.
Donc, à la fin du cinquième siècle, un monastère aujourd'hui disparu est fondé après quelques autres, dans cette région, entre Palestine et Égypte. Ce monastère devient célèbre, car de saints moines y vivent. Beaucoup nous sont restés inconnus, mais certains, dont Barsanuphe et Jean, ont laissé des textes qui nous permettent des les connaître de façon très précise, et de plus nous donnent les noms de quelques autres Dorothée, Séridos, Dosithée. Ces écrits sont des lettres de direction des deux reclus  Barsanuphe et Jean. Ces textes nous livrent une spiritualité imprégnée de l'Evangile, humaine, riche d'expérience, remarquable de mesure et d'équilibre, où l'accent est toujours mis sur l'essentiel.

users.skynet.be/am012324/studium/bresard/Gaza
"Histoire spiritualité monastique"

UN SIGNE D'HUMILITÉ



Barsanuphe le Vénérable et Jean le Prophète, 
moines reclus, désert de Gaza, 6°s.
icône contemporaine


Un laïc chrétien, qui était très mortifié et soucieux de son âme, avait interrogé le Vieillard: 
"-  Que convient-il de faire, ce qui semble bon ou bien faut-il agir en interrogeant les Pères ? 
Si quelqu'un a de lui-même l'idée de faire quelque chose de bon, et non en interrogeant les Pères, il est hors la loi et ne fait rien de légitime. Celui au contraire qui le fait en interrogeant, celui-là accomplit la loi et les Prophètes. Car c'est un signe d'humilité d'interroger. Et celui-là est l'imitateur du Christ qui s'est humilié jusqu'à se faire esclave.
On dit de fait qu'un homme sans conseiller est son propre ennemi. Il est dit aussi: "Fais tout avec conseil" (Si. 32, 24). 
Et Jean Colobos ( Père du désert,4°s.) disait: "Si tu vois un  homme monter au ciel par sa propre volonté, attrape-lui le pied et fais-le descendre. " Il convient donc d'interroger en toute humilité plutôt que de marcher par sa volonté propre. C'est en effet Dieu qui met dans la bouche de celui qu'on interroge les paroles à dire, à cause de l'humilité de cœur et de la droiture de celui qui interroge.

Lettres de Jean le Prophète à des laïcs
in "Maîtres spirituels au désert de Gaza" 
Textes choisis, traduits et présentés par Dom Lucien Regnault, moine de Solesmes

18.6.11

HORS DU TEMPS ET DE L'ESPACE



Icône datant de l'"Ancienne Russie"


Les saints représentés sur les icônes ont déjà atteint la vie éternelle, de laquelle sont absents tout mouvement et tout changement dans le sens habituel de ces termes.  Les doigts fins se lèvent sans efforts ni tension. Ils n'ont pas de poids puisque toute pesanteur est absente de l'autre monde. Le regard des saints sur nous est un regard depuis l'éternité. Il n'est pas obscurci par les passions et c'est pourquoi aux moments d'illumination spirituelle nous pouvons répondre à ce regard, (cf. message intitulé "DE LA CHAIR À L'ESPRIT"). C'est pourquoi aussi le regard posé sur nous par l'icône nous trouble tant, engendrant à la fois inquiétude, crainte et espérance. 
Ce qui est représenté sur les icônes anciennes ne suppose ni localisation spatiale ni localisation temporelle. L'image apparaît comme hors du temps et de l'espace.  La compréhension du temps et de l'espace dans l'art de l'icône de l'Ancienne Russie avait ainsi un caractère nettement théologique. C'est pourquoi, lorsque l'influence de la peinture occidentale commença à se faire sentir dans les icônes russes de la seconde moitié du XVIIe siècle, s'éleva une vive protestation. Il ne s'agit pas ici de conservatisme mais bien de la crainte de voir changer l'essence et le sens même de l'icône. On ne peut peindre une icône sur le principe du « comme si c'était vivant ». Les saints demeurent dans un monde autre, dans l'éternité, ils ne vivent pas de la vie terrestre limitée par le temps et sujette aux changements.


Extrait du site "orthodox world", en ligne

COULEUR ET LUMIÈRE DE L'ICÔNE







"Quand la lumière du soleil se projette sur une icône, elle change de couleur et se met à vibrer."
Nadjha Havelette, iconographe

Les Byzantins estimaient que le sens de l'art est dans la beauté et les icônes byzantines se caractérisent par leur éclat doré et la vivacité des teintes utilisées. Chaque couleur cependant a sa place et son sens propre. La tradition byzantine accorde aux couleurs la même importance qu'aux mots et ne les mélange jamais : elles sont claires ou sombres, mais toujours pures. Une ou plusieurs couleurs forment une image expressive. Elèves des maîtres byzantins, les iconographes russes ont adopté et conservé la symbolique des couleurs mais sans jamais atteindre ni la splendeur ni la sévérité des icônes byzantines. Les couleurs sur les icônes russes apparaissent plus vivantes, plus vibrantes, plus éclatantes. Les iconographes russes ont ainsi donné à l'icône l'empreinte des conditions, des goûts et de l'idéal de l'Ancienne Russie.

Complément d'information sur l'illustration "Sainte Anne et la Vierge Marie" du message précédent.
Le marron est la couleur de la terre, de la poussière, du temporel et du corruptible. Associé à la pourpre, signe de noblesse (ici les vêtements de sainte Anne), le marron rappelle la nature humaine, soumise à la mort.

Le bleu foncé et le bleu clair représentent l'infini du ciel, ils sont le symbole du monde éternel. Le bleu est aussi la couleur de la Mère de Dieu, lien entre le céleste et le terrestre. Dans la plupart des églises, le bleu ciel domine sur les représentations de la Mère de Dieu. 

Le blanc symbolise la lumière divine. C'est aussi la couleur de la pureté, de la sainteté et de la simplicité. (C'est pourquoi la Vierge Marie tient un lys à la main.) Sur les icônes et les fresques des saints sont habituellement figurés en blanc les Justes, les bons, ceux qui ont vécu selon la Vérité. Du même éclat blanc éclatent les langes des nouveaux-nés, les âmes des justes et les anges. 


Le brillant doré des mosaïques et des icônes permettait de ressentir l'éclat de Dieu et l'extraordinaire beauté du Royaume céleste qui ne connaît pas de nuit. L'or symbolise également Dieu lui-même. 

Extrait du site "orthodox world", en ligne

16.6.11

LA VIERGE MARIE DANS LA THÉOLOGIE ORTHODOXE








Le culte rendu à la "Toute-Sainte" ou "Toute pure Vierge" a suscité une cathéchèse appropriée en référence à la révélation divine et à l'économie du salut. L'Ancien Testament situe la Vierge Marie dans l'économie du salut, fil directeur de toute la Bible. Le seul dogme marial que connaît à ce jour l'Eglise orthodoxe est celui qui l'a proclamée à Ephèse en 432, Théotokos, c'est à dire celle qui a enfanté Dieu en opposition à l'hérésie Nestorienne qui ne reconnaissait à la Vierge Marie que le titre de Christotokos, Mère du Christ.
Les principaux textes mariaux du Nouveau Testament sont le récit de l'Annonciation et de la Nativité dans les évangiles selon Saint Matthieu et Saint Luc, la Visitation et le chant du Magnificat (Luc I, 39-55) ; la bénédiction du juste Siméon (Luc II, 34-35) ; le cri de la femme du peuple et la réponse du Sauveur (Luc XI, 27-28) et les paroles adressées du haut de la croix à la Vierge Marie et au disciple bien-aimé (Jean XIX, 26-27). Quand le Christ dit "Qui est ma Mère et qui sont mes frères" (Matthieu XII, 46-49 : Marc III, 31-35 ; Luc VIII, 19-21), Il exprime un appel au dépassement du plan physique et particulier au plan spirituel et universel. Ce fut là la croix proposée à la Vierge Marie et qu'elle accepta de prendre sur elle dès avant sa maternité et que lui prédit le juste Siméon. Le rôle de la Vierge Marie est tout entier dépendant de l'acte sauveur de son divin Fils : sa croix est toute d'obéissance et d'effacement même, mais en vue d'un service. Aussi les Pères de l'Eglise comparent-ils sa lumière à celle de la lune reflétant le soleil, unique source de lumière.


By P.Elie Mélia, 1915-1988, ancien recteur de la paroisse Sainte-Nina, Paris 
in "Colisée", comité de liaison avec l'Europe de l'Est, en ligne

15.6.11

LA PAROLE ET L'IMAGE



" La Pentecôte"
Psautier d'Ingeborg de Danemark, 12° s.



"Nous vous annonçons ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la Parole de vie; car la vie a été manifestée et nous l'avons vue". (I Jean 1, 1-3)
À côté de l'ordre intelligible se pose l'ordre visuel, à côté de la parole se pose l'image.
Job confesse: "Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon oeil a vu!"
Dans la Bible , la parole et l'image dialoguent, expriment les aspects complémentaires de la même et unique Révélation.
La parole tend à la "démonstration", l'image à la "monstration".
Tout le long de son histoire, l'Ancien Testament est en lutte contre les idoles, les fausses images et donc dans l'attente de l'Image vraie. Au terme, Dieu révèle son visage humain, la Parole devient objet de contemplation: "Heureux ceux qui voient ce que vous voyez". (Luc 10, 23)
L'invisible se révèle dans le visible. Le jour de la Pentecôte tout est embrasé par les langues de feu.
Dès lors, l'image fait partie de l'essence du christianisme au même titre que la parole.
La liturgie est une représentation scénique de la Bible, la Parole donnée en spectacle liturgique: "Dieu nous a exposés, nous les apôtres, nous donnant en spectacle au monde, aux anges et aux hommes." (I Cor. 4,9)
La liturgie construit son cadre: le temple architecturé, les formes et les couleurs, la poésie et le chant; l'ensemble de ses harmoniques s'adresse au monde entier.
La liturgie céleste dont parle l'Apocalypse donne à la liturgie terrestre sa tonalité d'icône du céleste. L'art sacré se définit comme participation au mystère liturgique.


Paul Evdokimov, théologien orthodoxe, 1901-1970
in " L'art de l'icône - Théologie de la Beauté" 

7.6.11

SAINT SERGE DE RADONÈGE



Saint Serge de Radonège


Né à Rostov au nord de Moscou, le jeune Barthélémy (le futur moine Serge) émigre à Radonège avec les siens, fuyant l'avance des Tatares. Le garçon, peu doué pour les études, ne rêve que de vie monastique. 
A la mort de ses parents, il se retire avec son frère aîné dans la forêt pour y vivre en ermite au milieu des loups et des ours. Les deux frères bâtissent une chapelle dédiée à la Sainte Trinité. Avec le temps, l'ermitage devient un monastère, le monastère de la Sainte Trinité, peuplé de moines vivant une pauvreté radicale dans une grande liberté. Le patriarche de Constantinople, dont dépend alors la Russie, impose à Serge l'adoption de la Règle cénobitique du Studion, qui instaure entre les moines une vie commune plus stricte. Serge se soumet à regret. 
Il ne reste pas confiné dans son monastère. Il se sent responsable de son pays en pleine ébullition politique. Les princes sollicitent ses conseils et ses prières. En 1380, il bénit le grand-prince Dimitri de Moscou avant la bataille de Koulikovo qui inaugure la fin du joug mongol en Russie. Il mène encore des missions de conciliation entre les princes russes et fonde de nombreux autres monastères. 
Le monastère de la Trinité Saint Serge, à 70 kms de Moscou, resta même aux jours les plus sombres du soviétisme un grand lieu de pèlerinage et l'un des centres théologiques et spirituels de l'Église Russe. 
Il fut canonisé en 1452.

By Nominis.cef.fr, en ligne

PREMIÈRE DE CORDÉE



"Celle qui montre le Chemin", 13°s.
Monastère Vatopedi, Mt. Athos


La "femme forte, qui la trouvera?" (Proverbes 31,10), s'exclame Salomon.  La femme la plus forte, la "pleine de grâce", selon les propres termes de l'archange Gabriel, est en même temps la plus humble, la servante du Seigneur.
Gloire des humains, première de cordée, fierté et modèle des femmes, la Mère de Dieu a parfaitement réalisé l'union du masculin et du féminin, de la terre et du ciel, du divin et de l'humain. Ayant atteint la perfection de l'humain à l'image du Dieu-homme, elle transcende le dualisme homme-femme, propre à la condition corrompue.
Son oeuvre majeure fut d'accueillir l'Esprit, but de la vie chrétienne selon Séraphim de Sarov.
L'humilité, à l'exemple de la Vierge Marie, constitue le meilleur antidote à la tentation de pouvoir qui empoisonne les relations humaines et crée de nombreuses distorsions dans la solution des problèmes au sein de l'Église et de la société civile.
Elle incarne l'humanité restaurée en Christ.

Michel Quenot, prêtre orthodoxe et universitaire
in "La Mère de Dieu - joyau terrestre, icône de l'humanité nouvelle"

6.6.11

DE L'HUMILITÉ




Starets Saint Silouane, 1866-1936


Celui qui aime le Seigneur se souvient toujours de Lui, et le souvenir de Dieu fait naître la prière. C'est par la prière que vient la grâce du Saint-Esprit. Par la prière, l'homme se garde du péché, car l'esprit en état de prière est absorbé par Dieu. Avec humilité, il se tient devant la Face du Seigneur que son âme connaît.


Mais, bien entendu, un débutant a besoin d'un guide spirituel, parce qu'avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l'âme ne peut pas encore reconnaître quand c'est l'Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à sa saveur.
Si tu cherches la prière pure, sois humble, sois sobre, sois content de tout, et alors ton esprit se purifiera des vaines pensées. Souviens-toi que le Seigneur te voit et sois dans la crainte de blesser ton frère ; ne le juge pas, ne le peine pas, même par l'expression de ton visage, - et alors le Saint-Esprit t'aimera et t'aidera en tout.
Le Saint-Esprit ressemble à une mère pleine de tendresse. Comme une mère aime son enfant et le protège, ainsi le Saint-Esprit nous protège, nous pardonne, nous guérit, nous instruit, nous réjouit ; l'Esprit-Saint est connu dans la prière accomplie avec humilité ( ... )


L'Archimandrite Sophrony, 1896-1993 
in "Starets Silouane, Vie-Doctrine-Ecrits", en ligne



*****

L'abbé Antoine voyait tous les filets de l'Ennemi déployés sour la terre et il disait en gémissant: "Qui donc y échappera?" Il entendit une voix lui répondre: "L'humilité."  Alors demandons à Dieu l'humilité. Nous demandons sans cesse des choses utiles à notre propre gloire... Si Dieu ne nous aimait pas, il exaucerait nos prières!
Les anges sont plus humbles que les hommes parce qu'ils sont plus intelligents. C'est la contemplation de l'Être et de l'infinie Beauté de Dieu qui nous rend humbles.


Jean-Yves Leloup, dominicain, puis moine orthodoxe
in "Paroles du mont Athos

5.6.11

SÉRAPHIM DE SAROV 1759-1833



Saint Séraphim de Sarov, début 20°s.,
musée d'Histoire de la religion, Saint-Pétersbourg



Saint Séraphim de Sarov, le plus populaire starets russe du 19° siècle, est vénéré aussi bien en Occident qu'en Russie. 
Ordonné prêtre à 34 ans au monastère de Sarov, il se fit l'année suivante ermite dans les bois. En 1804, suite à une aggression de brigands, il fut miraculeusement guéri d'une grave blessure. Il vécu ensuite en stylite sur une pierre durant trois années, priant pour le monde en proie aux guerres napoléoniennes. 
Doué du don de guérison et cardiognose (don de lire dans les coeurs), il était consulté des pauvres, des malades, mais aussi de personnalités importantes de l'État et de l'Église. Il fut canonisé en 1903.
Séraphim cultiva une tendre dévotion pour la Mère de Dieu "Joie de toutes les joies", dont il eut plusieurs visions, et devant l'icône de laquelle il mourut. Ses expériences mystiques, ses propos et entretiens ont été recueillis par son disciple Nicolaï Motovilov que le starets avait guéri d'une paralysie des jambes. Ces textes ont été retrouvés et publiés en 1902.    


D'après Antonella Gallino, historienne de l'art
in " Icônes et Saints d'Orient", 
directeur de publication: Alfredo Tradigo

2.6.11

DE LA CHAIR À L'ESPRIT



"La transfiguration du Christ"


Séraphim de Sarov (1759-1833) s'interroge: " Des passages de l'Écriture Sainte nous paraissent étranges aujourd'hui. Peut-on encore admettre que les hommes puissent voir Dieu si concrètement? Les anciens avaient une notion assez claire pour pouvoir parler entre eux des manifestations de Dieu aux hommes comme de choses connues de tous et nullement étranges".
Ces expériences surnaturelles sont l'anticipation de la transfiguration de l'être humain tout entier. La participation des sens en est l'élément le plus frappant. Il a toute sa place dans l'enseignement patristique. La grâce éprouvée, vécue, sentie comme douceur, paix, joie, lumière anticipe l'état du siècle futur. Saint Macaire parle du "divin senti". Ce n'est ni la suppression des sens déréglés par la chute, ni leur remplacement par un organe réceptif nouveau, mais leur transfiguration, sur-élévation à l'état normatif perdu et restitué. Le spirituel et le corporel sont intégrés ensemble à l'économie de l'Incarnation.
Pour une pareille perception les facultés naturelles sont insuffisantes, elles se spiritualisent et deviennent semblables à leur objet
"Celui qui participe à la lumière devient lui-même lumière" (Maxime le Confesseur).
"Vous aussi maintenant vous êtes devenu aussi lumineux que moi, sinon il ne vous serait pas possible de me voir..." (Saint Séraphin de Sarov à son disciple Nicolaï Motovilov, 1809-1879)
"Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'esprit est esprit" (Jean 3,6)
"Ceux qui en sont dignes reçoivent la grâce et perçoivent par les sens aussi bien que par l'intelligence ce qui est au-dessus de tout sens et de tout intellect" (Saint Augustin)

L'emploi liturgique du chant entendu, de l'icône contemplée, de l'encens respiré, de la matière des sacrements, reçue sensiblement ou consommée, permet de parler de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût liturgiques. Le culte sur-élève la matière à sa vraie dignité et destination, et fait comprendre qu'elle n'est pas une substance autonome mais fonction de l'esprit et véhicule du spirituel.

Paul Evdokimov, théologien orthodoxe, 1901-1970
in " Théologie de la Beauté: 
De l'expérience esthétique à l'expérience religieuse"

1.6.11

COMME LE VEILLEUR ATTEND L'AURORE



"Marie, Mère de Dieu, Porte du Ciel"
 Christchurch, Nouvelle-Zélande


"Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation". Les métanies, gestes de pénitence qui accompagnent  la prière, nous y aident. Notre corps lui aussi doit participer à l'adoration pour être délivré de l'engourdissement.
Les attitudes traditionnelles de la prière sont différentes des exercices physiques qu'on trouve dans d'autres religions. Une métanie dans laquelle on a mis tout son amour et son respect nous rapproche davantage de Dieu et nous acquiert davantage d'humilité qu'une heure passée dans la position du lotus.
Tiens-toi debout en souvenir du matin de Pâques.
Prosterne-toi dans la poussière et souviens-toi de ton péché.
Tiens-toi à genoux et adore celui qui est Dieu, au-delà de tout.
Une génuflexion faite avec amour t'apprendra plus de choses qu'un livre.
Tiens-toi assis sur une pierre, ferme les yeux ou dirige-les vers ton coeur et souviens-toi de Celui dont tu es le temple.
"Il est vivant, celui devant qui tu te tiens", marche en sa présence, sois comme le veilleur qui attend l'aurore.

Jean-Yves Leloup, dominicain et prêtre orthodoxe
in "Paroles du mont Athos"

31.5.11

CE PORTRAIT LUMINEUX ME PARLE



Vladimirskaya, icône byzantine,
11-12°s., Moscou

Le poète soviétique Souhine n'avait jamais eu de bible entre les mains. Il décrit une église orthodoxe d'antan: Au soleil couchant la pénombre de l'église se revêtait d'or. (...) L'icône de la Sainte Mère de Dieu y a pleuré cinq siècles durant sur son Fils crucifié et sur tous les pécheurs venus confesser leurs péchés. Puis elle a été jetée aux ordures par les Soviets. Pieusement ramassée par une paysanne, l'image sainte fut mise à la place d'honneur dans son isba. Passant dans son village, Souhine la vit; la paysanne commenta: "Tous les jours ce portrait lumineux de la Mère de Dieu me parle..."Souhine écrivait plus tard qu'il avait voyagé des années sans pouvoir jamais oublier le tableau représentant la Sainte Mère et l'Enfant-Dieu.
Tâchez d'éclairer ceux qui portent en eux une foi instinctive. Donnez les Saintes Écritures là où elles sont rares.

Richard Wurmbrand, pasteur luthérien de Roumanie
(1909-2001)
in "Si j'avais trois minutes - méditations quotidiennes"

30.5.11

S'IL N'Y AVAIT PAS LEUR TÉMOIGNAGE...



Monastère du mont Athos


C'est l'amour de Dieu qui nous sauve et nous déifie. L'Église est le lieu où cet amour nous est communiqué. Pourquoi chercher ailleurs? Il faut être humble, il faut être un enfant pour accepter que Dieu passe par les sacrements, par ces pauvres signes sensibles, et par ces pauvres hommes qui, souvent, ne sont pas à la hauteur des mystères et de la parole qu'ils annoncent.
L'Église, c'est la chair de Jésus-Christ, et les orgueilleux refusent toujours l'Incarnation. Il n'y a que le Larron qui ait reconnu le Seigneur de gloire dans cet homme crucifié à ses côtés. 
L'Église, c'est aussi l'Église des saints. Les fresques, l'iconostase, sont là pour nous rappeler leur présence. L'Église du ciel et l'Église de la terre ne sont pas séparées. Il n'y a qu'une Église. Lorsque le moine voit sa médiocrité et son impuissance, alors il regarde vers les saints et, avec leur aide, il ne désespère pas.
S'il n'y avait pas leur témoignage, nous désespérerions de connaître cet état bienheureux promis par le Christ.
Oui, la Mère de Dieu, tous les saints, nous sont plus proches que nos voisins, que nos compagnons de travail; ce sont de véritables vivants. 

Jean-Yves Leloup, moine dominicain puis prêtre orthodoxe
in "Paroles du Mont Athos

10.5.11

LA MAISON DE MARIE À ÉPHÈSE






La "Maison de la Vierge Marie, 'Meryem ana evi' en turc, serait la dernière demeure de la Vierge Marie, proche de la ville d'Éphèse. En contre-bas de la maison jaillit une source. La vénération attachée à ce lieu provient d'une vision d'Anne-Catherine Emmerick* . Suivant ses indications le Supérieur des Lazaristes de Smyrne envoya en 1891 une commission de reconnaissance à Éphèse, où celle-ci découvrit effectivement une ruine correspondant tout à fait à la description de la vision.  On y trouve les vestiges bien conservés d'une église dédiée à la Vierge et construite sur les fondations d'une basilique romaine du 2° siècle avant J.C. En l'an 431 eut lieu dans cette église le concile d'Éphèse qui conférait à Marie le titre de "Mère de Dieu".


Henri Stierlin, historien de l'art byzantin 
in "Antike Kunst im Vorderen Orient
(traduit de l'allemand)

* (1774-1824), religieuse augustine stigmatisée, visionnaire de l'Ancien et du Nouveau Testament. 

9.5.11

LITHUANIE ORTHODOXE



N.D. de Mirozh , 1198


Le nord-est de la Baltique fut la dernière partie de l'Europe à rejeter le paganisme.En effet, dans l'Histoire, la Lituanie est souvent citée comme le dernier pays païen en Europe, car ces ouvriers de la onzième heure ne commencèrent à devenir chrétiens qu'au treizième et quatorzième siècles. Qui ont été les premiers orthodoxes lituaniens?
Tout d'abord, il faut citer l'exemple de saint Dovmont ou Timothée. Né païen, en 1265 il quitta son pays et ses coutumes alors païennes, avec toute sa famille et ils cherchèrent refuge dans les environs de Pskov. Là, il fut baptisé sous le nom de Timothée. En voyant le courage exceptionnel de Dovmont, les populations locales, le choisirent alors comme leur prince. Pendant 33 années, il défendit le peuple de Pskov et tout le nord de la Russie des païens, y compris de ses compatriotes lituaniens. Il fut remarqué pour sa vie pieuse et vertueuse, il aimait la vérité, était miséricordieux envers les pauvres, visitait les prisonniers, accordait l'hospitalité aux voyageurs et s'adonnait à la prière et au jeûne.  Le Prince Dovmont s'endormit en Christ en 1299, fut enterré dans la cathédrale de la Trinité à Pskov et fut vénéré comme saint. 

In "Orthodox Lithuania" en ligne
Version française: Claude Lopez-Ginisty

7.5.11

LA BIBLE NE SUFFIT-ELLE PAS?



Les Saints Pères
Trinity Church, Jordanville, N.Y.


Qui sont ces Saints Pères que les chrétiens orthodoxes évoquent toujours, et pourquoi ont-ils une telle importance pour vous? La Bible ne suffit-elle pas?

Les Saints Pères ne sont pas seulement importants pour les orthodoxes d'aujourd'hui, mais ils l'ont été dès les débuts pour les chrétiens: la proclamation d'ouverture des grands conciles du premier millénaire commençait par ces mots significatifs: "À la suite des Saints Pères..."
Même si vous n'êtes pas orthodoxe, je crois que ces Pères sont importants pour vous aussi, car si l'on aime le Christ, on aime naturellement aussi ceux qui l'ont rencontré intimement et l'ont révélé aux autres...
Ainsi, un Saint Père est en premier lieu un membre de l'Église et un saint - un croyant baptisé, connu pour sa sainteté et sa vie éminemment vertueuse, maintenant au ciel avec le Christ.
Deuxièmement, un Saint Père enseigne la foi et explique les Saintes Écritures. Éclairé par la grâce de l'Esprit-Saint, il en témoigne aussi bien par sa vie que dans ses écrits. De plus, il ne se choisit pas de lui-même; il est appelé par Dieu et se révèle à la conscience du Corps entier du Christ comme un véritable interprète des choses divines.
Enfin, ses paroles doivent refléter les enseignements des Saintes Écritures et des apôtres; il n'est pas autorisé à enseigner quoi que ce soit de contraire à la foi et à la doctrine de l'Église; il doit partager fidèlement ce qu'il a reçu.

Père Alexey Young,
prêtre de paroisse orthodoxe devenu moine une fois veuf
in "Orthodoxy and the world", en ligne - extraits.
(traduit de l'anglais)

6.5.11

COMMENT INVOQUER L'ESPRIT SAINT




Livre de prières, monastère Saint-Macaire


L'Esprit Saint est d'une simplicité extrême. Il répond tout de suite à l'appel de l'homme pour peu qu'on l'invoque d'un coeur sincère, plein de foi et de simplicité. Il vient dans le coeur plein d'une foi simple et confiante en la miséricorde de Dieu. 
L'Esprit Saint aime et encourage la prière du pauvre reconnaissant envers Dieu, comme celle du riche, ami des pauvres.Il est le Consolateur des inférieurs opprimés et des supérieurs miséricordieux, la Lumière des affligés et la Vie de ceux qui se dépensent pour le service de l'Evangile et pour l'amour des petits et des humbles.
Aussi est-il nécessaire à quiconque désire prier d'apprendre tout d'abord à se rendre agréable à l'Esprit Saint, en évitant tout ce qui peut contrarier la douceur, la sainteté et la charité de l'Esprit. Autrement, sa prière serait privée de la seule puissance susceptible de l'élever et de la présenter à Dieu.
Il est également nécessaire à celui qui désire prier en la présence de Dieu d'avoir la pleine assurance d'être soutenu par l'Esprit Saint. Nous devons donc l'invoquer du fond du coeur, à de multiples reprises, et lui demander de nous disposer à la prière et de nous accorder la puissance de l'accomplir conformément au désir du Père et du Seigneur Jésus.
Notre prière concerne donc l'Esprit Saint autant et même plus qu'elle ne nous concerne nous-mêmes; car c'est par la prière que se développe l'Homme Nouveau engendré en nous par l'Esprit Saint; c'est par la prière qu'il reçoit la lumière divine, qu'il reconnaît la volonté de Dieu et qu'il apprend à la mettre en pratique avec l'aide de la grâce. 

Higoumène Matta el Maskîne, 1919-2006, 
monastère St-Macaire,Égypte 
in "Conseils pour la Prière", en ligne (extraits)

5.5.11

UNE TRADITION CONTEMPLATIVE



Devant l'icône de la Vierge de Raïfa, Géorgie


Publié pour la première fois en Russie vers 1870, "Récits d'un pèlerin russe" est un petit livre dont l'auteur est resté anonyme et qui représente l'un des plus beaux textes spirituels de l'orthodoxie russe.
A travers un style qui garde le charme du langage populaire, le lecteur découvre la piété russe, dans ce qu'elle a de frais et de pur. Des épisodes nombreux et colorés le mettent au contact direct de la Russie ancienne, celle qui a inspiré les grands écrivains du siècle passé. Il rencontre enfin dans les Récits du pèlerin une tradition contemplative remontant aux premiers siècles de l'Orient chrétien, appliquée par un contemporain de Dostoïevski et de Tolstoï.



Probablement écrit dans un milieu monastique russe, ce petit livre essaie de montrer l'intérêt de la prière du coeur, et de son utilisation qui transforme l'homme au fur et à mesure. Les petites histoires s'enchaînent dans une grande beauté et simplicité. Chaque orthodoxe devrait lire ce petit livre. C'est un bon exemple de ce qu'est le résultat d'un monachisme tel que celui du Mont Athos, emblème de la spiritualité orthodoxe. L'idée, simple en apparence, et qui a donné lieu à une controverse théologique fondamentale dans le monde orthodoxe, est de prier sans cesse en disant "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi". C'est la mise en application de la sentence bien connue en orthodoxie : celui qui prie est théologien.

Commentaires de lecteurs
in www.bibliopoche.com / amazone.fr

4.5.11

ORIGINES ÉGYPTIENNES DU MONACHISME



Monastère Saint Bishoi, Wadi Natroun
Les saints apôtres


C’est en Egypte que sont nés les premiers monastères chrétiens. Le mouvement fut presque simultané en Syrie et en Palestine. Chacun de ces monastères vit de manière auto-suffisante et est caché derrière de hauts murs de fortification qui, au Moyen-Âge, les protégeaient des attaques de Bédouins. Celles-ci étaient fréquentes et provoquaient d’importantes destructions. Dès l’Antiquité, certains croyants firent le choix de se retirer dans le désert, à l’écart du reste de la population, afin de mener une vie d’ascète, selon les préceptes de la Bible (abstinence, pauvreté, prière). Ensuite, des disciples suivirent l’exemple de leur maître et, progressivement, ces ermites se rassemblèrent pour vivre en communauté. Le premier monastère égyptien s'établit dans le désert d'Arabie, à proximité de la mer Rouge.    
Le monastère de Saint-Antoine passe pour être le premier monastère de l’histoire. La vie de ce saint est bien connue, grâce au récit qu’en fit le patriarche Athanase. Lorsqu’il avait à peine vingt ans, Antoine (251-356) vendit tous ses biens et distribua l’argent qu'il en tira aux pauvres, avant de quitter son village et de mener une vie d’ascète dans une tombe. Plus tard, il partit mener sa vie d’ermite dans le désert. Il y trouva une source et une grotte et y créa un jardin.    
Cest dans l’enceinte du très beau monastère Saint Macaire que sont conservées les reliques de ce saint qui fut le premier à se retirer dans le Wadi Natroun vers 330 ap. J.-C. Mais ce monastère est surtout célèbre pour être le siège du patriarcat d’Alexandrie

"Monastères du Wadi Natroun
in suite101.fr  en ligne