3.5.11

LA LUMIÈRE DU DÉSERT





Un moine du désert ouvre son coeur à des occidentaux comme à des amis. Des paroles rares, comme serties dans le grand silence des déserts du Wadi Natroun, et qui viennent souligner que la vocation dans l'Eglise universelle de ces monastères d'Egypte en plein renouveau consiste sans doute à nous rappeler cette foi première et pure des origines, cet élan et cette ferveur dont nous gardons la nostalgie...


Entretien avec le Père Wadid, moine copte du monastère Saint-Macaire, Égypte
par www.exaltavit.com

MARIE, VIERGE PÈLERINE DE POLOGNE



N.D. de Czestochowa,
Jasna Gora, Pologne


Au milieu des années 50, la Pologne va très mal. Le régime communiste a mis en place une sévère répression contre la foi, les séminaires sont vides et le Cardinal Wyszynski, hérault de la foi, est en prison. 

C'est là qu’il aura, au fond du trou, une illumination décisive : il faut malgré tout préparer activement le grand anniversaire du 1.000° anniversaire de la Pologne par une neuvaine d’années de prière avec Marie. Et sur son inspiration l’image Notre-Dame de Czestochowa sera envoyée comme pèlerine, dans toutes les paroisses et les familles de Pologne, pour réveiller la foi du Peuple de Dieu. La Vierge pèlerine de Pologne fit des merveilles et, neuf ans plus tard, tout se rassembla dans l’acte de servitude totale à la Mère de Dieu que le Primat de Pologne prononça à Jasna Gora le 3 mai 1966, en la fête de Marie, Reine de Pologne, pour la célébration du Millénaire.

Jean-Paul II rappela tout cela lors de son premier voyage en Pologne, à Jasna Gora le 4 juin 1979 : « D’une façon tout à fait particulière je désire confirmer et renouveler l’acte de consécration prononcé à Jasna Gora le 3 mai 1966 à l’occasion du millénaire de la Pologne. Par cet acte les évêques polonais en se donnant à toi, Mère de Dieu, dans ta maternelle servitude d’amour voulaient servir la grande cause de la liberté de l’Église ». 

En 1966, le régime comprit que la foi polonaise était invincible. Et les séminaires étaient pleins … 



Cité par le site "Marie de Nazareth", en ligne

2.5.11

LE MONASTÈRE SAINTE CATHERINE, SINAÏ


          



Situé au pied du mont Sinaï, ce monastère fortifié de rite byzantin fut construit sur ordre de l'empereur Justinien entre 527 et 565 autour du « Buisson ardent » (Exode, chapitre 3). L'arbuste qui y est présenté tel est une ronce commune (appelé aussi « mûrier sauvage »). Cependant, l'activité monastique semble avoir débuté très tôt, puisque dès la fin du 4e siècle est relatée la présence dès cette époque de nombreux moines dans les environs, un siècle après l'arrivée des premiers chrétiens fuyant les persécutions. Saint Jean Climaque est le plus célèbre moine ayant vécu dans ce monastère. Anastase le Sinaïte en fut higoumène dans la deuxième moitié du 7e siècle.
Le Sinaï fut conquis dans les années 630 par les armées arabes, conquête accompagnée de l'installation de tribus venues d'Arabie. Le Sinaï est ainsi devenu au prix de violences et de conversions une terre profondément arabe et musulmane, entraînant une disparition de la présence chrétienne dans la région. L'exception demeura le monastère de Sainte-Catherine qui jusqu'à nos jours n'a cessé d'être le véritable foyer du christianisme au Sinaï entretenant une communauté d'une vingtaine de moines (deux cents au Moyen Âge).
Au cœur du monastère, dépendant à l'époque médiévale du patriarcat de Jérusalem, se trouve l'église de la Transfiguration avec sa célèbre mosaïque. Elle fut construite à l'époque de l'empereur Justinien à l'emplacement supposé du Buisson ardent. D'abord dédié à la Vierge Marie, le monastère fut par la suite consacré à sainte Catherine d'Alexandrie, sans doute au 9e siècle, époque où l'on découvrit à proximité le corps de la sainte. Cette découverte entraîna à partir de la fin du 10e siècle  un renouveau des pèlerinages occidentaux au Sinaï. Les pèlerins effectuaient généralement ce pèlerinage en se rendant à Jérusalem. Leur séjour au monastère était limité à trois ou quatre jours, durée pendant laquelle les moines leur offraient l'hospitalité, comme en témoignent encore les blasons gravés dans le réfectoire du monastère par les nobles pèlerins de passage.
wikipedia, en ligne

30.4.11

LA FIDÉLITÉ DE SES "BERGERS"








L'amour brûlant pour l'Église de Jésus-Christ et "son grand mystère" (Éphésiens 5, 32) fit ses preuves parmi les orthodoxes russes sous les persécutions du régime soviétique alors encore foncièrement athéiste des années vingt et trente du 20° siècle. A l'époque le régime voyait et combattait  en chaque chrétien, et tout particulièrement en ses représentants officiels, la "classe ennemie". Plus tard encore la foi chrétienne put se maintenir  à travers les dures années de la deuxième guerre mondiale, ceci grâce à la  tradition vieille de plusieurs siècles dans l'Église orthodoxe russe de soutenir ses fidèles dans leur effort de survie. Selon les desseins de la Providence, la fidélité de ces "bergers" fut récompensée lorsqu'en 1943 ils furent autorisés à nommer un patriarche, à réinstituer un code de vie monastique et à fonder des facultés de théologie. Il leur fut aussi accordé de rétablir des contacts avec les autres Églises orthodoxes ainsi qu'avec les Églises chrétiennes occidentales en général.

Gerd Stricker, historien et journaliste allemand,
in "Das heilige Russland, 1000 Jahre russisch-orthodoxe Kirche"
(traduit de l'allemand)

28.4.11

MÉNAS, MARTYR COPTE



Le Christ et le saint moine copte Abba Ménas, 4° s.


Le terme "copte" signifie "égyptien" et désigne les chrétiens du patriarcat d'Égypte qui se séparèrent en 451 à la suite du concile de Chalcédoine. L'isolement de cette Église fut accentué par l'occupation arabo-musulmane qui ordonna en 722 la destruction de toutes les images chrétiennes. La rébellion qui s'ensuivit fit de nombreux martyrs. Cet isolement eut aussi des conséquences sur l'art qui, n'ayant pas subi l'influence byzantine, conserva le style caractéristique de l'ancien art égyptien et syriaque. (Voir à ce sujet le message intitulé "Ancêtre de l'icône, portrait de momie")
Le moine copte abba Ménas est un saint national en Égypte. Son nom est l'anagramme du mot amen, par lequel la Vierge Marie aurait répondu à la prière de la mère de Ménas qui demandait la grâce d'enfanter un fils. 
Il se retira au désert et prêcha Jésus-Christ aux idolâtres. Il mourut décapité. Sa tombe était déjà au 4°siècle un lieu de pélerinage. 

Antonella Gallino, historienne de l'art
in " Icônes et Saints d'Orient", 
directeur de publication: Alfredo Tradigo

"DÉJÀ-ET-PAS-ENCORE"



Trône de l'Hétimasie, 14°s.,  Athènes


Le trône vide, prêt pour le Jugement dernier, acte ultime et conclusif de l'histoire humaine, est une image intensément évocatrice du "déjà-et-pas-encore". L'image de la Préparation du trône (Hétimasie) se trouve au dos d'icônes d'un autre sujet, par exemple au revers de la célèbre icône Mère de Dieu de Vladimir. Il s'agit du trône où siégera le Christ pour le Jugement dernier. Sur ce trône sont posés le manteau du Christ Juge et un livre ouvert: "Venez, les bénis de mon Père, car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger" (Matth. 25, 34-35). 
Derrière l'autel se dresse une croix à laquelle est accrochée la couronne d'épines et sont appuyés la lance et le roseau avec l'éponge imbibée de vinaigre; et sur la marche de l'autel sont posés un vase et des clous. Deux chérubins effleurent de leurs ailes ouvertes le trône de l'Hétimasie. 


Sonia Serra, recherche iconographique
in "Icônes et Saints d'Orient", 
(guide dirigé par Alfredo Tradigo et traduit de l'italien par Dominique Férault)

25.4.11

RESTAURATION DE L'HUMANITÉ



Monastère Ste Catherine, Sinaï;  (en bas:)
St Laurent de Rome, St Martin de Tours, St Léonard de Noblac



La Mère de Dieu est la protection des vivants et des morts, le repos, la gloire et la joie de ceux qui ont le bonheur de compter sur son secours. Elle soutient la création. Au-dessus des puissances célestes, elle dirige les hommes vers le monde, vers ceux qui peinent et qui souffrent. Donjon et forteresse inexpugnable, soutient des prêtres, elle reçoit et oriente leur prière. Source de vie, elle intercède pour nous auprès de l'Esprit Saint. Au carrefour du salut, elle assume un rôle primordial dans la restauration de l'humanité, restauration actualisée par l'Homme nouveau - le Dieu-homme - qu'elle donne au monde.

Michel Quenot, lecteur universitaire et prêtre orthodoxe
in "La Mère de Dieu, joyau terrestre, icône de l'humanité nouvelle"

24.4.11

LES SERVITEURS DE DIEU



Deesis du monastère Vatopaidi, 10°s., Mont Athos


La  deesis la plus simple, à trois figures, remonte aux premiers siècles de l'art byzantin, à partir de la chute de l'empire romain d'Occident, en 476.
Le Christ se tient debout ou siégeant en trône au centre, avec à sa droite la Mère de Dieu de l'intercession, première servante de la nouvelle Alliance, et à sa gauche saint Jean-Baptiste, dernier serviteur de l'ancienne Alliance.  
Le fond d'or des icônes représente la lumière incréée dans laquelle sont plongés les corps transfigurés du Christ et de ses saints qui vivent dans une dimension éternelle.

"Si la contemplation selon l'intellect avait été satisfaisante, il aurait suffi que le Verbe vienne parmi nous intellectuellement"

Saint Théodore Stoudite, 759-826, moine et hymnographe du monastère Stoudion, Constantinople.

23.4.11

"JE SUIS CELUI QUI SUIS"



Le Christ Pantocrator, vers 1670, Moscou


Le Christ adulte, bénissant et tenant un évangile ouvert ou fermé, est l'un des plus anciens types d'icône, qui témoigne de l'historicité de l'incarnation contre les hérésies des premiers siècles. L'icône du Christ Pantocrator, c'est-à-dire du Seigneur, ou Souverain, est l'image même de la victoire de la foi orthodoxe.
L'auréole crucifère, qui porte les lettres grecques signifiant "Celui qui est", nimbe le visage d'un halo mystique, à l'or vibrant et palpitant dès qu'il est éclairé par la lueur tremblante des cierges ou des lampes à huile.
Dans le geste de la bénédiction sacerdotale, les doigts de la main droite forment le monogramme de Jésus-Christ: IC XC.
Le livre est ouvert au passage de l'Évangile où il est annoncé que, au jour du Jugement dernier, le Christ reconnaîtra les siens à  l'amour qu'ils auront eu pour leur prochain. (Matthieu 25, 34-36).

Sonia Serra, recherche iconographique
in "Icônes et Saints d'Orient", 
(guide dirigé par Alfredo Tradigo et traduit de l'italien par Dominique Férault)


"JE SUIS LA SERVANTE DU SEIGNEUR" (Luc 1, 38)
Marie de Nazareth

22.4.11

LA FORCE DU SEIGNEUR LA SOUTENAIT



L'Époux, fin 18°s., Russie centrale


La Mère de Dieu n'a jamais péché, même par une seule pensée, et elle n'a jamais perdu la grâce, mais elle aussi eut à endurer de grandes afflictions. Quand elle se tenait au pied de la Croix, sa peine était vaste comme l'océan. Les douleurs de son âme étaient incomparablement plus grandes que celles d'Adam lorsqu'il fut chassé du Paradis, parce que son amour était lui aussi incomparablement plus grand que celui d'Adam. Et si elle resta en vie, c'est uniquement parce que la force du Seigneur la soutenait, car le Seigneur voulait qu'elle voie sa Résurrection.

Silouane l'Athonite, 1866-1938, moine du Mont athos, Grèce
in "Starets Silouane" by Archimandrite Sophonite

21.4.11

AUCUN HOMME NE MEURT PLUS SEUL



La Crucifixion,  by Roublev,1500, Moscou


Face à la souffrance, face à toute forme de mal, la seule réponse adéquate est de dire que "Dieu est faible" et qu'il ne peut que souffrir avec nous. Faible, certes, non pas dans sa toute-puissance, mais dans son Amour crucifié...
Sur la Croix le Christ a assumé la mortalité même. La puissance de la mort est dans son autonomie, mais le Christ donne sa mort au Père, et c'est pourquoi en Christ c'est la mort qui meurt: "par sa mort il a vaincu la mort". Dès lors aucun homme ne meurt plus seul, le Christ meurt avec lui pour le ressusciter avec lui.  


Paul Evdokimov, 1901-1970, professeur de théologie orthodoxe, observateur invité au concile Vatican II
in "Une théologie de la vision"

"Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort."

20.4.11

"JOIE INATTENDUE"



La Mère de Dieu"Joie inattendue", 
18°s., Russie

Un homme qui vivait dans le péché avait conservé sa ferveur envers la Vierge Marie. Chaque jour, il la priait devant son icône, répétant les paroles que lui avait adressées l'Ange Gabriel. Un jour, alors qu'il redisait sa prière habituelle, il vit l'icône s'animer: des plaies s'étaient ouvertes sur le corps de l'Enfant-Jésus, laissant couler du sang. Tout effrayé, il demanda à la Vierge: « Qui donc est cause de cela? » Et la réponse de Marie (inscrite sur l'icône) fusa: «Toi et tous ceux qui par leurs péchés ne cessent de crucifier mon Fils. » A cet instant seulement, le pauvre homme prit conscience de ses fautes; son indignité lui sauta aux yeux. Il resta longtemps en prière en larmes devant le Sauveur et Sa Mère, implorant le pardon.Non seulement le pardon lui fut accordé, mais il eut aussi la joie inattendue du repentir et du salut.


D'après le récit de Dimitri, évêque de Rostov, 1651-1709
in "Le voile couvert de roses

19.4.11

MARIE ET LA TRAGÉDIE HUMAINE



Crucifixion, fresque 12°s.,
église Saint Héraclide, Chypre 


Jusqu'à la fin des temps, Marie communie quotidiennement à la tragédie humaine assumée par son Fils sur la Croix, réalisant pleinement la parole: "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix chaque jour, et qu'il me suive" (Luc 9,23). Tout "oui, oui", selon l'injonction de l'apôtre Jacques (Jean 5,12), elle n'a pas connu le péché et rien en elle ne s'est opposé à l'amour. 
(...) Elle aimait intensément son Fils, mais elle aimait aussi d'un grand amour les hommes. Et que n'a-t-elle pas enduré lorsque ces hommes qu'elle aimait tant et pour lesquels jusqu'à la fin elle voulait le salut, crucifièrent son Fils bien-aimé?"

Silouane l'Athonite, 1866-1938
cité par l'Archimandrite Sophrony in "Starets Silouane, moine du Mont Athos"

17.4.11

LA GARDIENNE DE LA PORTE




La véritable "Portaïtissa", environ an 1000,
Monastère d'Iviron, Mont Athos


Les silhouettes de la Mère et de l’Enfant, les inscriptions, sont recouvertes par des plaques d’argent, incrustées de pierres ! Seuls apparaissent encore les deux visages de Marie et de Jésus, mais noircis par la fumée des cierges et l’évolution du vernis.
Ce qui demeure toujours perceptible, c’est comme une cicatrice sur la joue droite de la Vierge, trace d’un vrai coup de sabre l’ayant atteinte et qui aurait provoqué, à l’endroit de la « blessure », un jaillissement de sang…
Cette cicatrice ramène aux périodes d’affrontement violents qui opposaient ceux qui acceptaient les icônes comme appuis de leurs prières et ceux qui les refusaient, parce qu’occasion d’idolâtrie. 
La tradition enseigne qu’une pieuse veuve, à Nicée, craignant d’autres profanations pour son icône déjà "blessée", aurait préféré la jeter à la mer (la fureur des flots serait moins redoutable que la fureur des sectaires…)…qui la conserva, sans qu’elle en fût abîmée, jusqu’à ce jour où deux moines la retrouvèrent, déposée par les flots sur un coin du rivage. L’ayant recueillie avec émotion, ils la placèrent dans l’église de leur monastère. Le lendemain, tout étonnés, ils constatèrent sa disparition. Ils la retrouvèrent près de la porte d’entrée de l’église!
Nouvelle installation dans l’église. Nouveau déplacement dehors… Et ceci pendant plusieurs jours.
La communauté monastique aurait alors décidé de la laisser "à la porte", puisque ce semblait être son désir.
Un petit sanctuaire fut donc édifié, à cet emplacement, pour y abriter la "Portaïtissa", l’icône de celle qui ne voulait être que la "gardienne de la porte".
Elle resta tout au long des siècles, en grande vénération dans ce monastère qui la fêtait solennellement chaque mardi de Pâques, en l’anniversaire de sa découverte sur le rivage.

Site: Art Sacré Porte du Ciel
Wikipedia, en ligne


*****

Icône par excellence de la Mère de Dieu miséricordieuse, la "Portaïssa", prise dans une plaque de métal précieux car elle a été reconnue miraculeuse, a également été entourée, au long des siècles, d'une grande dévotion de la part du peuple russe. Elle était vénérée à l'égal de la Vierge de Smolensk.

"viens-seigneur-jesus.forumactif.", en ligne

15.4.11

UN SIGNE POUR LES PAUVRES



Mère de Dieu "Portaïtissa"


Au Québec, les catholiques aiment aussi les icônes. Des reproductions de la "Portaïtissa" collées sur bois se sont répandues, par centaines, dans des églises et des familles catholiques.

Et voici que le même miracle, la même huile parfumée, apparaît sur ces innombrables reproductions. L'icône miraculeuse, ses reproductions, parfois simplement les petits morceaux de coton imprégnés de myrrhon  guérissent les corps, mais surtout les âmes, comme Soljénitsyne l'a souligné. " C'est un signe pour les pauvres" a dit à ce propos la Vierge aux jeunes voyants de Medjugorje.
Je vois encore deux significations dans ce miracle. La première, c'est la confirmation du lien étroit qui unit la Mère de Dieu et le Saint-Esprit. Le grec liturgique est ici fort précis: il parle de Panagia, la "toute sainte" et du Panagion, "l'Esprit de toute sainteté".  L'autre signification pourrait être que la Mère de Dieu semble désormais intervenir entre catholiques et orthodoxes pour hâter la recomposition de l'unité chrétienne.

Olivier Clément, théologien orthodoxe
France catholique du 30 mai 1986

mariedenazareth.org, en ligne

14.4.11

DE L'INCARNATION À LA TRINITÉ



Louange acathiste de la Mère de Dieu
16°s., monastère de la Dormition, mont Athos,
puis Saint-Pétersbourg


On ne connaît pas avec certitude l’auteur de l’Acathistos, ni sa date de composition. L’Acathiste aurait été chantée en remerciement à la Mère de Dieu pour la libération de Constantinople assiégée en 626. Certains l’attribuent à Romanos le Mélode, mort vers 560 ;  d’autres en font même remonter la composition au Vème  siècle pour la fête de l’Annonciation. Cette fête célébrée dès avant le concile d’Éphèse proclamant Marie Mère de Dieu, théotokos,  n’avait pas un caractère exclusivement marial : elle était célébrée comme « fête de l’Incarnation » ou « fête de la Racine ». Ainsi, dans l’Acathiste, l’admiration de la maternité divine et virginale de Marie se fait adoration de la Trinité toute-puissante qui, dans sa sagesse, a voulu que le Verbe se fasse chair dans le sein de la Vierge.

Congrégation des Soeurs apostoliques de Saint-Jean
In « L’Hymne acathiste à la Mère de Dieu », en ligne

12.4.11

UN ROI ENFANT SUR LES GENOUX DE SA MÈRE



La Mère de Dieu en trône
avec saint Serge de Radonège et l'ange Gabriel,
15°s.,  Moscou

Les rois mages adorèrent Jésus comme un roi enfant assis sur les genoux de sa Mère, reine siégeant sur un trône: c'est à partir de là que s'est développé le thème de la Mère de Dieu en trône.
Par sa frontalité hiératique, la Vierge en trône avec son Fils se rattache aux images antiques des divinités maternelles égyptiennes, grecques et romaines. Sa solennité exprime bien la définition du concile d'Éphèse (431) qui a affirmé la maternité divine de Marie. l'image de la royauté de la Mère de Dieu trouve sa plénitude à la cour impériale de Byzance, comme exemple de royauté sacrée: la Vierge avec l'Enfant est entourée d'empereurs, de saints, d'archanges. Sur les icônes russes elle est  entourée, selon l'usage, de saints moines ou, comme ci-dessus, de saint Serge de Ragonège implorant bénédiction pour une nouvelle église ou communauté monastique.

Maria Donadeo, historienne de l'art
in "Icônes mariales russes"

11.4.11

SANCTIFIÉE PAR SON CONTACT



Sainte Anne et la Vierge Marie,
1637, Athènes

Les icônes de Marie dans les bras de sa mère sont rares, inspirées des icônes Hodegetria et Eleousa  elles apparaissent à la fin du 13°siècle. Cette icône est une représentation non réaliste mais symbolique montrant ce qui doit arriver, le "déjà-et-pas-encore". Ainsi Marie dans sa taille d'enfant est revêtue exactement du même maphorion pourpre que la Mère de Dieu. L'inscription MP ΘY désigne aussi Marie comme la Mère de Dieu. Elle tend à sa mère un lys, symbole de pureté. Le réseau de minces rehauts d'or (cliquez sur l'image pour l'agrandir) qui éclairent les mains d'Anne  indiquent qu'elles sont sanctifiées par le contact avec la Mère de Dieu. 

Antonella Gallino, rédaction
in "Icônes et Saints d'Orient", by Alfredo Tradigo

9.4.11

DE LA TENDRESSE



Mère de Dieu Eleousa, 15°s., Novgorod


La Mère de Dieu de la Tendresse (Eleousa), variante  de l'icône plus ancienne et plus solennelle de l'Hodegetria, exprime l'intensité du rapport tendre et affectueux entre la Mère et l'Enfant. Marie serre Jésus contre elle et se penche comme pour recevoir un baiser de l'Enfant Jésus, mais cette affection est voilée par la pensée de la future  passion du Christ. Les visages ne sont plus rigidement frontaux mais tournés l'un vers l'autre, les joues s'effleurent  et le Fils s'accroche au rebord du manteau de sa Mère. Ce geste a une signification conjugale: en Jésus et Marie se célèbrent les noces mystiques du Christ et de l'Eglise.
L'Eleousa se diffuse à Byzance et en Russie au 12°siècle.

Antonella Gallino, rédaction
in "Icônes et Saints d'Orient"  by Alfredo Tradigo

6.4.11

LE CHRIST EUCHARISTIE EN MÉDAILLON



Les archanges Michel et Gabriel, 
église des Saints-Archanges,
Monastère de Backovo, Bulgarie


Debout, les bras levés, les paumes tournées vers le ciel: c’est la représentation la plus simple que l’art paléochrétien donne de l‘âme du défunt (souvent un martyr) qui attend du Christ la vie éternelle.  Au 4°-5° siècle, ce type de représentation se transforme en l’image de Marie Vierge orante, dont la prière atteint les cieux. De même que l’impératrice et les dignitaires de la cour de Byzance portaient sur la poitrine un médaillon (signum) représentant le souverain, de même la Vierge Marie porte sur le cœur un cercle qui contient le Christ Emmanuel , elle est la médiatrice  entre Dieu et les hommes ; elle apparaît ainsi sur les monnaies frappées par l’empereur de Byzance :  Mère de Dieu du Signe, selon la prophétie d’Isaïe (7,14)

Stefano Zuffi, historien de l'art, milanais
in "I Dizionari dell'Arte

5.4.11

LE CHRISTIANISME ÉTHIOPIEN



Fête copte de la "Sainte Lumière de la Résurrection"
Chapelle du Saint-Sépulcre, Jérusalem
Photo: "panorama" avril 2011


1959 représente une date clef dans l'histoire de l'Eglise éthiopienne. En effet, l'Ethiopie fut un simple diocèse rattaché au patriarcat d'Alexandrie jusqu'à cette date et, donc, théoriquement, l'Eglise éthiopienne à proprement parler n'existait pas. Les autorités ecclésiastiques du pays n'étaient supposées être qu'un appendice de l'Eglise copte, se référant aux mêmes textes, présentant le même visage et les mêmes réalités religieuses que son aînée. Le seul évêque de l'Ethiopie était un Egyptien nommé par le patriarche d'Alexandrie et envoyé dans le pays afin d'assurer son rôle de transmetteur du sacré : il ordonnait les prêtres éthiopiens et il sacrait le négus, l'empereur d'Ethiopie. Théoriquement donc, le clergé éthiopien représentait l'Eglise copte dans ce lointain diocèse, sans avoir une existence propre. La réalité historique et religieuse était tout à fait différente. Du fait de son éloignement des autres pays chrétiens du Proche-Orient et de son isolement dû à la poussée musulmane, l'Ethiopie développa un christianisme original, nourri par sa propre histoire. Ce particularisme éthiopien, sur le plan religieux, prit toute son ampleur lors de la décision du patriarcat d'Alexandrie en 1959, sur les demandes répétées des autorités ecclésiastiques éthiopiennes depuis plus d'un siècle, d'accorder le droit à l'Ethiopie d'élire son propre patriarche et, ainsi, d'accéder à l'autocéphalie, autrement dit à l'indépendance religieuse.

Stéphane Ancel, chercheur à l'Institut des Langues et Civilisations Orientales 
et au Centre français des études éthiopiennes
Wikipedia, en ligne

4.4.11

VOICI MA FOI



Fête copte de la "Sainte Lumière de la Résurrection"
Chapelle du Saint-Sépulcre,  Jérusalem
photo "Panorama" avril 2011

Pour comprendre ce que représente l'icône  pour les chrétiens orthodoxes, il suffit d'entrer dans une église de rite byzantin: devant les images sacrées, éclairées par des lampes et des cierges, tous les fidèles s'agenouillent, font le signe de la croix (le pouce, l'index et le majeur réunis, pour représenter la Trinité) et embrassent les icônes du Christ, de la Mère de Dieu, des saints locaux. L'icône est un signe de la présence de Dieu et la concrétisation la plus simple et la plus immédiate de la conception de l'Eglise que se font les peuples byzantins et slaves; devant l'icône, chaque fidèle peut dire: "Voici ma foi, ce en quoi je crois, les personnes divines et les saints rendus visibles par des formes et des couleurs."

Antonella Gallino, rédactrice
(Alfredo Tradigo, éditeur chez Hazan)
in "Icônes et saints d'Orient"

18.3.11

L'HYMNE ACATHISTE


 Acathiste en peinture murale extérieure, 15°s.,
Bucovine, Roumanie

L’une des hymnes les plus solennelles en l’honneur de la Mère de Dieu est représentée par l’Acathiste (du grec akathistos, debout), chant durant lequel les fidèles devaient rester debout. La paternité de ce chef-d’œuvre de la poésie hymnographique byzantine est attribuée au bienheureux Romain le Mélode (6°siècle). Cette hymne est composée de vingt-quatre strophes ; les douze premières présentent les épisodes de la vie terrestre de la Madone ; les douze autres strophes comprennent des louanges à la Mère de Dieu. Depuis 626, date de la victoire de Byzance contre les Perses et les Arabes, cette hymne est chantée solennellement le samedi de la cinquième semaine de carême. L’iconographie de cette hymne s’est formée à la charnière des 13° et 14° siècles dans la peinture monumentale du monde orthodoxe.  Au centre de la composition se trouvent « Les Louanges à la Vierge », autour sont disposées les illustrations des vingt-cinq strophes de l’Acathiste.
Elka Bakalova et Streten Petkovic,
Institut d’Études sur l’Art, Sophia, et Université de Belgrade
in « L’iconographie byzantine : illustration de la poésie liturgique»

15.3.11

PORTE DU CIEL



La Mère de Dieu du Signe 


Pour répondre à la question de savoir ce qui marque et caractérise tout particulièrement la dévotion à la Vierge Marie, nous pouvons commencer par citer le saint higoumène ukrainien Dimitri de Rostov (1651-1709):
"Si l'on me demandait quelle est la plus grande puissance de l'univers, je répondrais qu'après Notre-Seigneur personne n'est plus puissant que la toute pure Notre-Dame et Mère de Dieu, la Vierge Marie. Elle peut en effet faire fléchir Dieu Lui-même par sa prière. Ce Dieu que, nourrisson, elle a langé, maintenant elle l'enveloppe de ses prières".
Et l'archiprêtre russe Jean de Kronstadt (1829-1909), homme extrêmement pieux, déclare:
"La très sainte Mère de Dieu est le signe de la bienveillance de Dieu envers les mortels. Elle est aussi la sainte hardiesse des mortels devant Dieu. Elle est la Porte du Ciel".  

Hanswerner Reissner, historien
in " La Vierge Marie dans la foi russe-orthodoxe"
traduit de l'allemand

14.3.11

PROTECTRICE ET REFUGE



Protection de la Mère de Dieu, fin 16ème s., Pskov


Les fidèles de l’Empire byzantin ont toujours imploré la protection de la Mère de Dieu contre les envahisseurs et les fléaux de toutes sortes. Elle est à la fois le rempart, le havre et le donjon, notre puissante protection dans les misères de la vie. Forts de son soutien, ceux qui espèrent en son intercession sont défendus et délivrés de toute menace et de tout danger. Elle est la protection des vivants et des morts, le repos, la gloire et la joie de ceux qui ont le bonheur de compter sur son secours.

Michel Quenot, universitaire, prêtre orthodoxe
in « La Mère de Dieu, icône de l’humanité nouvelle »

12.3.11

DÉSARROI ET TENDRESSE

Ce message est dédié  particulièrement à nos visiteurs du Japon sur les blogs. En union de prière.





L'icône Mère de Miséricorde se voudrait ce lieu de rencontre entre la faiblesse, qui ne sait à qui crier son désarroi, et la tendresse de Dieu, si méconnue mais si prompte à se manifester."

Extrait du site: "Mère de Miséricorde - France", en ligne

11.3.11

ICÔNES MELKITES DES 17° ET 18° SIÈCLES






Les Melkites sont les Chrétiens restés fidèles à l'empereur de Byzance - Malik signifie roi en arabe - après le premier schisme de la chrétienté à l'issue du concile de Chalcédoine en 451. Ils ont ainsi conservé la foi orthodoxe acceptant, contrairement aux autres chrétiens de la région, la double nature du Christ, divine et humaine. 
L’icône est omniprésente dans la vie des Chrétiens du Levant. En effet, dans cette région, berceau du christianisme, les icônes décorent non seulement l'intérieur des églises mais aussi celui des particuliers. Pour Saint Jean Damascène, « ce que la Bible est aux gens instruits, l'icône l'est pour les analphabètes et ce que la parole est à l'ouie, l'icône l'est à la vue ». L'icône fait ainsi partie intégrante de la liturgie au même titre que le chant ou la prière. 
Les icônes des Chrétiens du Levant sont peu connues. Leur spécificité réside essentiellement dans leur grande variété. En effet, de par sa position géographique de carrefour, le Levant engendre un art, fruit d'influences diverses, grecque, byzantine, ottomane, sassanide et occidentale.
L'influence de l'art islamique ne se fait sentir dans un premier temps que par la présence d'une inscription en arabe (mais on trouve également des inscriptions en grec, en syriaque, parfois en arménien et même en turc). Puis elle devient plus visible avec des motifs, des arabesques, ou des frises.
La ville d'Alep, cité cosmopolite du nord de la Syrie, a vu naître de véritables dynasties d'artistes comme celles des Moussawir. Le style de l'école d'Alep est marqué entre autre par des coloris chatoyants. 

Exposition: "Icônes arabes - Art chrétien du Levant" 
(extrait de la présentation,  en ligne)
Institut du monde arabe, Paris

9.3.11

LA LUMIÈRE POUR TOUTE COULEUR



Mère de Dieu "Pelagonitissa",
début 15ème s., Sinaï

Il n’y a jamais de source de lumière sur les icônes car la lumière est leur sujet, on n’éclaire pas le soleil. On peut même dire que la contemplation de la Transfiguration enseigne à tout iconographe qu’il peint beaucoup plus avec la lumière qu’avec les couleurs. Même en termes techniques, le fond d’or de l’icône s’appelle lumière, et la méthode picturale, la clarification progressive. En traitant un visage, l’iconographe le recouvre d’abord d’un ton sombre; ensuite il met par-dessus une teinte plus claire obtenue par l’addition au mélange précédent d'une certaine quantité d’ocre jaune, c’est-à-dire de lumière. On répète plusieurs fois cette superposition de tons de plus en plus illuminés. Ainsi l’apparition d’une figure suit une progression qui reproduit la croissance en l’homme de la lumière. Les nimbes qui entourent les têtes des saints sur les icônes ne sont point des signes distinctifs de leur sainteté, mais le rayonnement de la luminosité de leurs corps.
Les saints iconographes apprennent à " jeûner par les yeux" et s’y préparent par une longue ascèse de prière, ce qui marque le passage de l’art à l’art sacré.

Paul Evdokimov, théologien orthodoxe
In "Théologie de la Gloire-Lumière"

8.3.11

KARIYE CAAMI



Saint-Sauveur in Chora, 14°s., Istanbul

L’une des oeuvres les plus touchantes de l’art byzantin est cette icône "Eleousa" qui exprime la tendresse de la Mère pour son Fils; il s’agit d’une des nombreuses fresques ornant une chapelle latérale  (Parekklesion) de l’église Kariye Caami, anciennement Saint-Sauveur-des-Champs, à Istanbul.
Cette fresque est empreinte d'une certaine sentimentalité rendue par la douceur du visage de Marie, mais compensée par le savant plissé du vêtement.
Cette fresque fait partie d’une série de représentations décorant  la coupole et les parois de la chapelle et  dont le thème est l’espérance et la miséricorde.  Ils datent de l’époque où la ville entière de Constantinople s’armait pour tenter encore d’opposer sa résistance  à l’avancée implacable de l’Islam.  

Henri Stierlin, historien de l’art byzantin
in  « L’art du Moyen-Âge à Constantinople »
traduit de l’allemand

Kariye Caami  abrite l’ensemble le plus exemplaire de l’art byzantin.
Jusq’au début du 15°siècle, la métropole du Bosphore exerça sur l’Orient comme sur l’Occident, une hégémonie quasi idéologique. Par le biais de la religion, Byzance s’imposa auprès de peuples jusqu’alors demeurés à l’écart de la culture chrétienne ou rejetés pour cause d’hérésie. Face à l’Islam, Constantinople faisait figure de citadelle. Et le schisme qui la sépara de Rome en 1054 n’y changea rien.
La chute de Constantinople en 1453 marque l’effondrement de la puissante métropole chrétienne d’Orient.
Constantinople fut rebaptisée en Istanbul ce qui veut dire « le Levant ».

In wikipedia, en ligne

7.3.11

ENTRE VÉNÉRATION ET DOGME



Icône de la Dormition,  Moscou
Le Christ porte au paradis l'âme de la Vierge.

Il est vrai que l’Église orthodoxe rejette globalement deux dogmes de l’Église catholique : celui de l’Immaculée Conception (1854) et celui de l’Assomption de la Vierge Marie (1950). D’autre part les Chrétiens orthodoxes appellent la Mère de Dieu "la Toute Sainte" et comptent la fête du 15 août, Assomption ou Dormition, au nombre de leurs "Douze" grandes fêtes. Il s’est aussi toujours trouvé des théologiens orthodoxes, tel Vladimir Lossky*, pour se déclarer à ce sujet très proches de la position catholique.
Cependant la Règle d’Épiphane de Salamis (315-403), Père des Églises orthodoxe et catholique, prévaut encore aujourd’hui, selon laquelle l’Église orthodoxe n'élève pas au rang de dogmes ces deux articles de foi. Il écrivait : "Je ne me risque pas à m’exprimer ouvertement sur cette question, mais je tiens à mes propres idées et garde le silence ". (Cité par V. Lossky dans "Théologie dogmatique")
Restons-en au fait : l’Église chante la Dormition de la Toute Sainte, même si elle ne l’élève pas au rang de dogme. Cette fête est la plus importante des fêtes de la Mère de Dieu dans l'Orthodoxie et c'est elle qui, le 15 août, clôt l'année liturgique orthodoxe.

Hanswerner Reissner, théologien
in "La Sainte Russie"
traduit de l’allemand

*Citation :
"Vladimir Lossky (1903-1958) est l'un des plus grands théologiens orthodoxes. Son œuvre a favorisé le renouveau théologique et le dialogue entre l'Orthodoxie et l’Occident..."

in "Vladimir Lossky" , Présentation, by Editions du Cerf

5.3.11

LA PIÉTÉ POPULAIRE RUSSE





Les enfants russes, soutenus par leus familles, reçoivent à l'église en assistant aux offices l'instruction religieuse interdite à l'école. Ainsi se perpétue la foi chrétienne au sein du peuple.

On semble avoir oublié ce que Nikolaj Gogol, tout comme les grands poètes et penseurs religieux russes, savait : à savoir que "l’illumination" est une notion d’origine chrétienne qui signifie que par le baptême l’homme reçoit de Dieu l’illumination qui lui permettra de faire bon usage de sa raison.
On a oublié que, durant de longs siècles, l’Église s'est chargée de promouvoir l’alphabétisation, la lecture et l’écriture, la littérature, la science, l’art pictural et la musique, ce qui lui a permis de rester en contact avec l’esprit humain séculier.
On a oublié combien elle a lutté à travers les siècles contre les coutumes païennes et les superstitions. La notion de piété populaire revêtait alors un sens absolument positif.

Fairy von Lilienfeld, 1917-2009, théologienne protestante
in "La piété laïque russe-orthodoxe aujourd’hui"
traduit de l’allemand

ORIGINES DE L'ART COPTE

                 


Voici trois portraits provenant d’el-Fayum, là où l’art de l’Egypte antique se développa en milieu païen sous l’occupation romaine du 2ème au 4ème siècle.
On y voit les débuts d’une représentation frontale des personnages, ce qui donne aux regards qui semblent fixer l’éternité une place primordiale. Les yeux surdimensionnés font presqu’oublier les visages. Cet art funéraire remplace les masques des pharaons par la peinture sur bois destinée à recouvrir le visage du mort.
L'expression donnée aux traits de visage vont du réalisme à l’expressionisme pour nous amener peu à peu à l’art copte.
On se rappellera cependant que les peintures d’el-Fayum ne sont pas d’inspiration chrétienne.

Henri Stierlin, historien de l'art byzantin
L’art copte en Égypte et en Étiopie
retraduit de l‘allemand

Voir à titre de comparaison le message intitulé: "L'icône copte des origines?"

2.3.11

ICÔNES ARABO-BYZANTINES DE LA MÈRE DE DIEU



Icône melkite "Hodighitria", 
 17-18°s.,Crète



 Les plus belles icônes arabo-byzantines sont probablement celles réalisées par l’école d’Alep, aux 17° et 18° siècles. On note chez certaines les traits presqu’enfantins des visages, symbole d’innocence, typique de ces icônes. L’École d’Alep a cependant quasiment disparu, à de rares exceptions près, pour être remplacée par une tradition plus occidentalisée, aux confins de la Crète.
Beaucoup d’icônes particulièrement vénérées sont à leur tour devenues des prototypes donnant naissance à d’autres icônes. L’original a souvent disparu et ne peut être retracé qu'à l'aide des copies. Tel est le cas de l’icône Hodighitria. Les différences d’un type d’icône à l’autre sont souvent minimes : il s’agit d’un changement de position des mains, de l’inclinaison de la tête ou de la direction du regard de l’une ou l’autre personne représentée.

Mappa del Sito : icone arabo-bizantine, en ligne
traduit de l’italien